Sur la Bastille disparue, l’ombre de Sade

Impossible de marcher autour de la place de la Bastille, à Paris (trois arrondissements dont elle est comme le centre névralgique : 4e, 11e, 12e), sans penser à l’ancienne forteresse qui se dressait là et qui fut prise d’assaut par les révolutionnaires, le jour fameux du 14 juillet 1789.

bast1_dh.1266646182.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Sur Wikipédia, on peut lire : « Un pavage spécial a été dessiné afin de retracer sur le sol les contours de la Bastille historique. »

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Alors, imaginons ici un pont-levis, une tour, là un mur, là-bas un cul de basse-fosse, et le marquis de Sade dedans.

L’écrivain enfermé (qui avait déjà connu le donjon de Vincennes), après avoir ameuté la population le 2 juillet 1789 depuis la fenêtre de sa cellule, en fut extrait peu avant la survenue de l’événement historique et emmené ensuite, pour y être contenu, à l’asile de fous de Charenton.

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Un « sadique » croupissait dans une geôle : le peuple parisien allait chercher de la poudre dans la citadelle, il y trouva aussi quelques traces de soufre.

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Sur la Bastille disparue, l’ombre de Sade et la projection mentale de son sublime portrait par Man Ray : ses écrits demeurent, son adresse aux Français, encore un effort pour être républicains (1795) mérite, entre autres ouvrages, d’être relue.

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Par ces temps d’obscurantisme revenu à la charge, un peu plus d’éducation – ou même d’une certaine Philosophie dans le boudoir – ne saurait faire de mal.

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Dominique Hasselmann

22 commentaires sur “Sur la Bastille disparue, l’ombre de Sade

  1. là, la madeleine joue à plein pour l’ancienne habitante de la rue de la Roquette (même si c’était dans le haut d’icelle) – qui du coup, navrée, malgré son amour de l’histoire, ne pensait pas toujours, pas tout à fait, à la bastille en marchant sur la Bastille

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  2. @ « le peuple parisien allait chercher de la poudre dans la citadelle, il y trouva aussi quelques traces de soufre. »

    souffrez que l’on vous dise : SUPERbe !!!

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  3. Joli pavage ! En Suisse seuls quelques vieux Italiens et quelques entreprises artsanales savent faire. Et elles ont du boulot, car le pavé ne vole plus mais reprend de l’altitude.

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  4. Tout cela pour finir sur du papier bible, sur les étagères de quelques coincés du cul, entre Rousseau et St-Ex !
    Il y a, ici et là, quelques monuments qui mériteraient un sérieux tremblement, et tout le toutim.
    Si ce ne sont pas les Français triés, étiquetés, tatoués et empucés qui le font, d’autres s’en chargeront.

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  5. Le café des Phares, bistrot philo, phare-philo-phallique, cette photo est un joli clin d’oeil à La philosophie dans le boudoir de Sade.

    Travail d’artistes ces pavés. C’est du solide!

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  6. 68 n’est donc passé par là.
    Que de pavés et des plus beaux!

    Sade en enfer, celui de la BN, longtemps.
    Une autre bastille.
    Là aussi, quelque traces de soufre.
    Raison d’un déménagement?

    La Révolution n’a-t-elle pas « été faite par des voluptueux », selon Baudelaire ?

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  7. c’est en 81 (du 20° siècle) que la Bastille s’est enfin réanimée… ? Oui, non ? J’en sais plus rien, on est un peu perdus ces temps-ci mais quand même, que de jolis pavés…! Merci Chasse Clou

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  8. Sous les pavés maintenant, il y a Paris-Plage et moi, Dominique, à la lecture du titre de ce billet j’avais d’abord pensé à la chanteuse !

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  9. Ce qui est bien sadique est cette histoire de pings ; affaire que nous découvrons et aléatoire et sélective. De quoi nous donner l’envie de prendre cette Bastille … Merci pour votre article et bonne fin de semaine.

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