« Le communisme avait nationalisé l’intellectuel. Il l’avait doté de pensions et de privilèges, il l’encadrait dans les unions d’écrivains. Le capitalisme l’a privatisé ! Après les écrivains du Parti, voici les intellectuels du Marché. Désormais le pouvoir et l’intellectuel vont la main dans la main ; ils figurent sur les mêmes écrans, et leur langage qui s’est détourné du réel et de la vérité s’est fondu dans le brouhaha des modes et des médias… »
Christian Salmon, Verbicide (Actes Sud, Babel, avril 2007, p.63).
Cher ami,
Tous les jours vous comptez en centaines de millions d’euros, avec Christine Lagarde, ce que le mouvement social actuel coûte à l’économie française : quelques irresponsables sont en train (si l’on ose dire) de saboter la place de notre pays dans le monde.
Le Président l’a bien dit hier : « Il faut savoir terminer une grève » (Guaino aime revisiter l’Histoire), lui qui n’en a sans doute jamais commencé une. La récréation a assez duré, on leur donnera quelques miettes et cessons de parler de « privilégiés » : la consigne est finalement tombée de la bouche auguste.

François Chérèque, le chef de la CFDT, a dû s’enfuir de la manifestation d’hier à Paris : sa position n’aurait pas été vraiment appréciée. Son « escorte » lui a offert une porte de sortie de secours. Quelques extrémistes exhibaient leurs fiches de paie : est-ce une preuve de quoi que ce soit ? Nicolas Beytout, l’ancien patron du Figaro, ira diriger le pôle médias chez LVMH (et Etienne Mougeotte le journal à la plume d’oie) : va-t-il, pour autant, étaler devant tout le monde son portefeuille Vuitton ?
Un tribunal est occupé par ceux qui l’utilisent, sous prétexte de « carte judiciaire » recomposée : c’est comme si un commissariat de police subissait un sit-in de manifestants (ou d’étudiants).
Vous avez raison : maintenant, assez joué ! Il va falloir travailler encore plus pour rembourser l’argent perdu en pure perte. A Paris, place de la République, dimanche dernier, un groupuscule au masque UMP criait : « Liberté chérie ! »
Oui, chérissons-la, elle est esseulée.
Croyez, cher ami, en ma profonde tristesse.

Dominique Hasselmann
M. Guaino serait-il fasciné par les communistes ? Après Guy Môquet, voici Thorez. Après tout, comme dit le proverbe anglais, « le diable est bien capable de citer à son profit les Ecritures » (*).
Mais le procédé reste toujours le même : pour Guy Môquet, on se garde bien de rappeler qu’il avait sa carte au P.C., et que c’est pour ça qu’il a été fusillé.
Quant à Thorez… difficile de dissimuler ce que tout le monde sait. Changement de tactique : on tronque la citation. « … arrêter une grève », certes, mais « LORSQU’ON A OBTENU SATISFACTION » (je cite de mémoire – le sens y est, je crois).
(*) je précise que je n’ai aucune sympathie particulière pour le P.C., et que je suis loin d’assimiler les oeuvres complètes de Lénine, Staline, Thorez ou qui que ce soit, à la Thora et aux Prophètes.
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j’ai moi aussi réagi sur ce coût de la grève!
manœuvres perverses qui consistent à transformer les victimes (les travailleurs qui voient leurs conditions de travail se dégrader, leurs demandes bafouées, leur espace de liberté réduit, leur pouvoir d’achat baisser) en bourreaux.
ce matin (lu dans la presse) la sinistre passionaria du capital, Laurence Parisot, a rajouté une couche au tableau
« j’écris ton nom, liberté »
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L’un utilise l’Histoire à ses fins personnelles ; l’autre traite de « ringards » des grévistes qui ne s’en sont pas mis plein les poches comme son syndicat patronal de la métallurgie et ses énormes malversations dont elle a avoué être… « inconsciemment (sic) au courant » !
Il est vrai que Madame Parisot peut être à la fois au four du Medef et au moulin de l’Ifop.
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