Caravane d’expulsions de Roms : c’est les vacances !

Les mauvais coups se perpètrent durant les vacances : la caravane des expulsions de Roms enfle de jour en jour. Le bouchon n’est pas loin. La patrie des droits de l’Homme a beau être épinglée par un comité de l’Onu, les descentes de police dans les camps « illégaux » se poursuivent et s’amplifient : on trouve des Sangatte partout dans notre doulce France.

Brice Hortefeux est à la manœuvre (Eric Besson fait-il profil bas ?) ; la politique de sécurité étant assurée par le Président de la République lui-même, qui en connaît quelques rayons depuis 2002, le ministre de l’Intérieur se sent soudain comme en roue libre dans la descente du col du Tourmalet.

hortefeux-sipa.1281765630.jpg(Brice Hortefeux. Le tag a été rajouté. Photo Sipa.)

Mais tous ces Romanos, ces Romanichels, ces Bohémiens, ces voleurs de poule aux œufs d’or, ces bandits, ces assassins, ces trafiquants qui roulent carrosse en Mercedes, n’est-ce pas une provocation permanente ? N’occupent-ils pas indûment des terrains qui pourraient être transformés en campings trois étoiles avec piscine et mini supermarché ?

Sont-ils seulement Français ? Pourquoi ont-ils quitté la Roumanie et leur dictateur flamboyant dans son palais des mille et un jours ? Certes, leur langue est cousine de la nôtre, comme Bécassine. Mais cela leur donne-t-il le droit de venir profiter de tous les avantages alimentaires, sociaux, sanitaires, éducatifs, culturels que la France, bonne fille, leur offre généreusement depuis des années ?

Il était temps que cela cesse. La politique actuelle est juste et raisonnable. Seuls quelques « droitdel’hommistes » attardés peuvent s’en émouvoir.

Les « gens du voyage » l’ont voulu : ils l’auront.

Dominique Hasselmann

Eteignoir sur le canal Saint-Martin à Paris (10e)

Depuis quelques années et jusqu’à hier, il existait dans Paris, surtout les soirs de printemps et d’été, un lieu de convivialité, de discussion, de rencontres, d’apéritif et de dînette sur le pouce, en plein air avec accompagnement, ici ou là, de guitare ou d’un solo de saxophone : c’était le long des berges du canal Saint-Martin (10e).

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canal2_dh.1281678348.jpg (Photos : cliquer pour agrandir.)

Et puis, la mairie PS de l’arrondissement, pilotée par Rémi Féraud, s’est mis en tête (et en catimini : aucune info actuellement sur son site) de limiter les réjouissances, sûrement sur l’injonction de quelques riverains grincheux : interdiction des « boissons alcooliques » de 21 heures à 7 heures, pas de musique (à partir de quand ?), préservation de l’environnement, tout cela sous la dénomination à vocation consensuelle « Vivre ensemble sur le canal ».

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Le 11 juillet, au petit matin, une équipe municipale (deux employés en surplis vert fluo munis d’un escabeau et de fils de fer, deux officiels en civil), escortée par précaution de trois représentants de la police nationale en uniforme (chemise blanche, et panoplie au complet avec tonfa, pistolet, menottes, gants…), s’affairait à installer des pancartes annonçant les nouvelles mesures.

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Je remarquai la hauteur à laquelle les affichettes plastifiées (pour résister aux intempéries et aux tags) étaient accrochées pour décourager toute tentative de contestation. Les lampadaires torsadés s’ornaient ainsi de ces décrets ressortis opportunément et que les Parisiens encore en vacances découvriraient à leur retour, au risque d’un torticolis.

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Finis les rires, les effusions, la joie, la musique au bord de l’eau lorsque la nuit commence à s’étendre voluptueusement sur la ville !

Nicolas Sarkozy aurait dû annoncer lui-même, depuis le Cap-Nègre (Var), cette nouvelle avancée sécuritaire.

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La prohibition de l’alcool commence donc à 21 heures : les émules d’Eliot Ness vont pouvoir patrouiller le long du canal, et fouiller ceux qui auraient dépassé l’heure fatidique pour se rafraîchir le gosier (normalement, on est couchés à cette heure-là, on ne se goberge pas sur les berges !) et tenté de cacher leur Carlsberg dans le sac à dos.

Une solution : que les cafetiers, qui vendaient des boissons à ceux qui n’avaient pas leurs propres provisions, puissent étendre leurs terrasses jusque sur le pavé qui borde le canal. Ainsi, et ce serait tout bénef, ils ne seraient pas soumis – ni leurs clients – à l’horaire municipal en forme de couvre-feu ou d’éteignoir qui met une borne légale à l’intempérance insupportable et à l’irresponsabilité inacceptable des vagabonds et amateurs du temps perdu.

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Dominique Hasselmann

Bastia en deux temps (2/2)

Sous la toile du ciel bleu implacable, Bastia vit et parle : mélange du corse et du français dans une même conversation, comme des rimes qui ne se répondraient pas (elles rameraient) mais s’approchent de leurs rivages, séparées par la longue traversée maritime.

Nous reviendrons le dernier soir dîner sur le port, hélas utilisé comme parking pour automobiles, et dont l’arrondi des bâtiments fait penser à la ville de Sienne (Italie), comme si la mer s’était invitée au milieu même de la place circulaire.

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bastia26_dh.1281594222.jpg bastia27_dh.1281594281.jpg(Photos : cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Bastia en deux temps (1/2)

Le charme de Bastia (Haute-Corse) opère toujours et ses deux ports se mesurent de l’oeil : l’un où accostent et partent les ferries, l’autre où les bateaux ne sont pas des yachts de milliardaires comme ceux qui mouillent à Saint-Florent.

En grimpant sur la colline où se trouve la vieille ville, on découvre des quartiers moins touristiques qui conservent les marques du passé. Le maire, Emile Zuccarelli, recrute quelques policiers municipaux (la fourrière a été récemment réactivée). La rénovation viendra-t-elle ici aussi transformer les habitations ? Une immigration non contrôlée aurait-elle également sévi en ces lieux ?

Finalement, on se retrouve sur le boulevard Pascal Paoli, l’artère centrale, qu’il suffit de descendre pour rejoindre le cœur de la ville avec sa grande place où trône la statue de Napoléon : les palmes lui vont si bien.

(A suivre.)

bastia1_dh.1281507845.jpg (Photos prises le 2 août. Cliquer pour agrandir.)

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Dominique Hasselmann

Traces « indépendantistes » corses vues d’en haut

La Serra di Pigno (Cap corse, au nord de l’île) culmine à 960 m et les guides ne mentent pas car le panorama est magnifique, une fois parcourue la minuscule route défoncée. D’un côté, vue comme d’avion sur le golfe de Saint-Florent, de l’autre sur Bastia, tout en bas, avec son port et ses bateaux-maquettes.

serra1_dh.1281421836.jpg (Photo : En allant vers Oletta, le 1er août. Cliquer pour agrandir.)

Le week-end dernier se déroulaient les Journées internationales de Corte : il reste ici et là quelques traces de revendications « indépendantistes » qui n’ont pas fait, heureusement, sauter le paysage.

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serra-8_dh.1281422731.jpg serra9_dh.1281422798.jpg(Photos : Serra di Pigno, le 2 août. Cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Un saut à Oletta (Haute-Corse)

Au détour d’un virage, un camion de pompiers stationne : le « départ » du feu est toujours à craindre, mais cette année, en Corse, tout semble devoir être calme.

Les incendies aux alentours de Moscou prennent une dimension gigantesque. Ici, à Oletta (Haute-Corse), seul le soleil rougeoie dans le paysage du soir : il s’éteindra tout seul.

Ci-dessous, quelques images qui datent déjà du 31 juillet, placette, palmiers, présence de l’Histoire. Une certaine immuabilité des choses et des êtres, dépaysement assuré grâce aussi à la langue corse qui chante à la terrasse.

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oletta10_dh.1281339512.jpg(Photos : cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Michel Rocard et l’espoir démocratique

Dans la voiture, en rentrant vers Paris vendredi soir (après avoir quitté L’Ile Rousse jeudi et fait escale à Toulon pour la nuit), l’analyse de Michel Rocard concernant les dernières palinodies de Nicolas Sarkozy faisait du bien à entendre.

roacard1_dh.1281251694.jpg(Photo : port de Saint-Florent, Haute-Corse, le 3 août. Cliquer pour agrandir.)

rocard2_dh.1281251821.jpg (Photo : Corsica Ferries, le 5 août. Cliquer pour agrandir.)

rocard3_dh.1281251959.jpg (Photo : cliquer pour agrandir.)

Il suffirait ensuite de la lire en détail : l’ancien Premier ministre s’était soudain réveillé de son long sommeil dogmatique et effaçait d’un trait de plume l’article  calamiteux écrit dans Le Monde (édition du 4 juillet) avec Simone Veil, et dans lequel il était demandé aux hommes politiques, aux journalistes et au peuple de la boucler devant les ennuis du gouvernement et notamment les étranges méandres de l’affaire d’Etat Woerth-Bettencourt.

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rocard5_dh.1281252217.jpg (Photos : cliquer pour agrandir.)

rocard6_dh.1281252323.jpg(Photo : viaduc de Millau, Aveyron, le 6 août. Cliquer pour agrandir.)

Ainsi, l’actualité poursuivait son chemin, elle ne prenait pas de vacances au Cap-Nègre (Var) ou ailleurs. Une sorte de détermination se révélait plus forte que l’éteignoir officiel prompt à s’abattre sur les opinions discordantes ou les investigations dérangeantes : l’étrave de l’information et du courage fendait ainsi le consensus mou soutenant le pouvoir en place.

L’air était de plus en plus brassé pour l’espoir démocratique.

rocard7_dh.1281252526.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Glissement progressif autre que sécuritaire

Nager sous l’eau, loin du flux sécuritaire de  Nicolas Sarkozy qui ne serait qu’un glissement progressif, et avaler la boissson toujours salée à point…

Se transformer en sous-marin personnel, sans périscope (le ciel est forcément là-haut), avancer dans la masse liquide, claire, verte, qui n’offre aucun autre obstacle que sa présence infinie, sa texture impalpable, son flot à contre-courant, sa dimension visible aux yeux ouverts sans masque.

Progresser par le simple jeu des bras – nos avirons humains – et des jambes imitant la grenouille qui se mouille, fendre l’étendue marine par la figure de proue, évidemment, tête chercheuse et torpille pacifique ignorant sa cible bien trop lointaine.

Et enfin remonter, l’horizon bleu (est-ce déjà le ciel ou encore la mer ?) soudain matérialisé, l’air aspiré goulûment dans les poumons pressurisés, redécouvrir l’éblouissement de la clarté, le clapotis de la surface, la liaison entre le champ aquatique et celle de la voûte céleste, poisson tout à coup changé, par les hasards raccourcis de l’évolution scientifique, en nageur hasardeux.

En Haute-Corse, où nous partirons aujourd’hui, un numéro vert anti-racket vient d’être lancé. Pour le moment, la nage en mer demeure encore gratuite.

matin-corse-dh.1280556751.jpg (Photo : cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Immeuble marin sur fond de soleil couchant

Tandis que la figure d’Yvan Colonna revient hanter aussi la Corse, je repensais à cette vision de mercredi dernier, au détour de la route qui nous ramenait de Campomoro puis Sartène vers Pozzaccio.

Un véritable immeuble marin sur fond de soleil couchant stationnait dans une crique. A l’intérieur de ce ferry, peut-être quelques passagers assez fortunés (de mer) : mais on aurait pu y rassembler tous les invités du Fouquet’s, présents lors de la soirée inaugurale du 6 mai 2007 fêtant l’élection du président de la République, et dont on ne se lasse pas de parcourir une fois encore la liste respectable.

J’ai demandé à mon assistant photographe – non, Monsieur le procureur, je vous répète qu’il ne s’agit pas de François-Marie Banier ! – de capturer cette image depuis la voiture.

Le yacht de l’ami Bolloré ferait pâle figure à côté de ce mastodonte : il semble pourtant à la dimension des ambitions de l’admirateur et thuriféraire forcené du sport médiatisé (foot, vélo, athlétisme…) qui gouverne la France. Il ne déparerait pas non plus avec le nouvel Airbus présidentiel A 330-200 – avec, paraît-il, baignoire incorporée – déjà lancé dans le ciel pour essais techniques.

Tout se ramènerait-t-il à une question de taille (et de gabelle) ?

sncm_vh.1280474270.jpg(Photo : Virgile H. Cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Des Canadair pour Eric Woerth ?

Hier à Propriano (Corse du Sud), vers 14 heures 45, en voyant ces trois Canadair venir remplir leurs réservoirs d’eau avant d’aller la larguer sur la colline juste derrière le restaurant Terra Cotta, je pensais aux formules utilisées par la presse : « L’UMP cherche à éteindre l’incendie Eric Woerth »… et autres images employées pour ce sujet brûlant.

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can2_vh.1280385901.jpg (Photos Virgile H. Cliquer pour agrandir.)

N’est-ce point aujourd’hui que le ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique – qui a déclaré un jour « ne pas avoir une tête à favoriser l’évasion fiscale » – doit être entendu par la brigade financière ?

can3_vh.1280386430.jpg (Photo Virgile H. Cliquer pour agrandir.)

En revanche, le blog d’Eric Woerth semble manquer d’une certaine mise à jour : ce n’est pas très sérieux !

can4_vh.1280386677.jpg(Photo Virgile H. Cliquer pour agrandir.)

Mais l’extinction des feux est un art : après plus d’une dizaine de passages, les Canadair étaient parvenus à liquider les flammes, tandis que les pompiers sur place achevaient le travail ; on en croiserait un peu plus tard d’autres sur la route quittant Propriano, le visage noirci, fiers du travail accompli.

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can6_dh.1280386967.jpg(Photos D.H. Cliquer pour agrandir.)

A Campomoro, se dresse une tour génoise et, plus mystérieusement, le souvenir de Iannis Xenakis.

La plage est belle, l’eau est limpide et chaude. Des roseaux, ici et là, sur fond de montagne, on pense à l’admirable Jonchaies.

can7_dh.1280387180.jpg(Photo D.H. Cliquer pour agrandir.)

Au retour, écoute (accompagnant les virages où les 4 x 4 occupent plus de la moitié de la route étroite) de l’envoûtante Légende d’Eer. Une fois terminée l’œuvre, de vrais grillons stridulaient dans la nuit à la lumière des phares de la voiture, vitres ouvertes.

Dominique Hasselmann