Filiation à Filitosa

Sur le site archéologique de Filitosa (Corse du Sud), la magie opère toujours sous le soleil : on descend par ces petits chemins tortueux, on pénètre dans telle ou telle grotte ou caverne, et puis voici ces mégalithes, ces hommes minéraux debouts âgés de plus de huit mille ans et toujours vaillants !

fili1_dh.1280301049.jpg(Photos : cliquer pour agrandir.)

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L’immense cuvette bucolique est parsemée de ces signes venus d’un passé mystérieux – la Corse serait-elle ici une sorte d’île de Pâques en réduction ? – et leur présence immuable s’accorde avec le paysage inchangé lui aussi.

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Daniel Cesari, qui accueille les visiteurs, est le petit-fils de Charles-Antoine Césari, l’inventeur du lieu (qui avait échappé au regard de Mérimée), excellemment mis en valeur sur ce site (virtuel).

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Le poète préféré du gardien du monument historique est René Char. A la fin de la visite, nous poursuivrons notre conversation et il m’offrira une médaille, éditée par la Monnaie de Paris, avec la reproduction de la statue-menhir IX qui ressemble à une tête de femme.

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La culture en Corse revêt de multiples aspects et n’est pas un vain mot. La filiation à Filitosa existe.

Dominique Hasselmann

Tour capitale

La tour génoise de Capitello, à l’entrée d’Ajaccio, garde le souvenir de Napoléon. Déjà, des affidés, des résistants.

cap1_dh.1280225158.jpg (Photos : cliquer pour agrandir.)cap2_dh.1280225276.jpg

« Un bon courtisan ne doit jamais avoir d’avis, il ne doit avoir que celui de son maître ou du ministre, et sa sagacité doit toujours le lui faire pressentir ; ce qui suppose une expérience consommée et une connaissance profonde du cœur humain. Un bon courtisan ne doit jamais avoir raison, il ne lui est point permis d’avoir plus d’esprit que son maître ou que le distributeur de ses grâces, il doit bien savoir que le Souverain et l’homme en place ne peuvent jamais se tromper. »

D’Holbach, Essai sur l’art de ramper à l’usage des courtisans, éditions Allia, février 2010, page 16.

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Partout, la végétation s’épanouit : il y a du cactus dans l’air. L’aérodrome n’est pas loin.

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Et la mer, indifférente, poursuit son va-et-vient sans limitation de durée.

Dominique Hasselmann

Voie ferry vers la Corse

Samedi 24 juillet, à l’approche des Iles Sanguinaires  – ne pas confondre avec l’île d’Arros, Seychelles dont la presse parle – les passagers sont tous sur le pont. La Corse culmine, elle, à plus d’un mètre. La croisière d’une durée de six heures trente a pris trois quarts d’heure de plus que prévu, à cause des « mauvaises conditions météorologiques » : pourtant le soleil jouait sans souci avec les vagues et seul un léger tangage pouvait expliquer le retard annoncé.

corse1_dh.1280123380.jpg(Photos : cliquer pour agrandir.)

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Au vu de l’approche du pays (entendre : la région insulaire), les conversations, non reproduites ici, allaient bon train tandis qu’un avion de ligne dépassait en vitesse la voie ferry vers la Corse. Il existait donc bien une France d’en bas et une autre d’en haut.

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Les apparences se traversent aussi par la mer.

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Dominique Hasselmann

A Uzès, impasse et perd ?

A Uzès (Gard), il y a cette indication urbaine qui renvoie indirectement à un écrivain qui fut mis en scène au début du festival d’Avignon. Quant au poète Alfred Méric (1870-1950), il demeure scandaleusement méconnu et ce n’est même pas une rue qui lui est ici dédiée. C’est encore loin, l’Atlantique ?

a-meric_dh.1280048420.jpg(Photo prise le 19 juillet à Uzès. Cliquer pour agrandir.)

Le Chasse-clou, lui, a vogué sur la Méditerranée : il est en Corse depuis hier. Quelques cartes postales à venir…

Dominique Hasselmann

Avignon, images en accroche (2/2)

Actrices ou acteurs chacun de leur propre vie, suivant des pléiades de scénarios aux rebondissements imprévisibles – sauf la fin – les spectateurs auront été embarqués dans d’autres aventures le temps d’un soir, d’une musique, d’un soupir ou d’un sourire.

Le théâtre (la scène) apparaît ainsi comme ce miroir dont l’affiche serait le tain éphémère.

avi24_dh.1279613638.jpg (Photos : cliquer pour ouvrir le rideau.)

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Dominique Hasselmann

Avignon, images en accroche (1/2)

Avant ce qui serait l’admirable spectacle de danse d’Anne Teresa de Keersmaeker, et sa dernière représentation du 16 juillet, on déambulait dans les rues d’Avignon où tout est couleurs et sons du festival. 

En somme, le théâtre est déjà dans la rue, comme la rue se retrouve parfois au théâtre. Et voici quelques photos en deux épisodes.

avi1_dh.1279528276.jpg (Photos : cliquer pour mettre en scène.)

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Dominique Hasselmann

Anne Teresa de Keersmaeker, quand la danse tombe avec la nuit

On a cru l’apercevoir elle-même, en bas des gradins, au Cloître des Célestins en Avignon, hier soir, juste avant que son spectacle ne commence, oui, En atendant, la création d’Anne Teresa de Keersmaeker.

en-atendant-1_dh.1279354814.jpg (Photos : Cloître des Célestins. Cliquer pour agrandir.)

Le décor n’est que le mur du fond avec ses piliers et sa coursive, l’ombre de quelques capucins se dessine encore puisqu’il fera jour jusqu’à la fin, quand la danse tombe avec la nuit. Le seul éclairage est celui-là, naturel, évident.

La flûte traversière inaugure ce souffle ininterrompu, magique, redoublé comme un chant de gorge mystérieux qui donnera le signal aux danseurs, les lancera, les élancera jusqu’à ce qu’ils retombent et s’étendent bien plus tard, enfin, sur le sol de terre battue par leurs pas qui font voler la poussière.

Celle-ci rejoint le ciel bleu au début puis qui s’estompe de plus en plus (une sorte de « sfumato » à la Leonard de Vinci dont parlait Vincent Noce dans Libération le matin) au fur et à mesure de la progression des huit corps en mouvement ou en faux repos, tandis que l’ars subtilior (musique du XIVe siècle) des trois interprètes rythme, cadence ou prend sa distance avec le rassemblement de leurs membres épars, le jeté de leurs regards mutuels observant muets la détermination physique de chacun.

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Dans l’emportement de cette toile humaine où les mains se font griffes ou caresses, où les cuisses deviennent couteaux ou oreillers, où les bras tendent leurs arcs et tirent des flèches, où les têtes rebelles montent à l’assaut des nuages, où les genoux sont polis ou impolis, où les sexes se dévoileront dans l’obscurité, où les respirations ne sont pas encore le dernier souffle, la musique ancienne ponctue, détermine, achemine, éloigne et rapproche ce qui viendrait trop facilement se fondre en elle.

Même les cigales attendent – elles ont compris le titre de l’œuvre – leur tour pour entrer dans la danse, leur frottement est un déroulé répétitif à la Steve Reich, elles participent à la sarabande des hommes et des femmes qui se mêlent, se démêlent, se quittent et se prennent comme si rien ne devait finir.

« En atendant souffrir mestuet grief payne

et en languor vivre c’est ma destinée

puis qu’avenir ne puis a la fontayne,

tant est de ruissius avironee. »

L’art se chorégraphie ainsi dans l’air, dans le temps, il n’est plus de frontières puisque les corps revivent dans les siècles des siècles, le glissé, le saut, l’arabesque, le frôlement, l’esquisse de l’éclair dans la nuit arrivée à l’instant fatal, l’élan premier ou ultime – comme une note musicale tenue ou ténue – forment une composition à la fois instantanée et fixée en beauté (à jamais ?) sur la plaque de la mémoire.

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Dominique Hasselmann

 

Le blog de Dom A. s’arrête

Il avait commencé le 24 mars 2007, et faut-il voir dans l’interruption récente des chasses présidentielles un effet collatéral de ces décisions toutes plus raisonnables les unes que les autres (n’en jetez plus !) annoncées par Nicolas Sarkozy hier soir ?

dom-a1_dh.1279018945.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Ainsi, le blog de Dom A. s’arrête : adieu, les photos insolites et surprenantes et ces phrases énigmatiques et poétiques, ce subtil « mélange des genres » ici bienvenu et déjà reparti : il n’a pas attendu un « conseil » tombé soudain d’en haut, ni sept ans pour prendre sa décision.

dom-a2_dh.1279019100.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Le 11 juillet, rideau (photographique, évidemment) et c’est vrai  qu’il m’avait dit récemment qu’il souhaitait se consacrer à d’autres activités, peut-être plus politiques et civiques, tout en n’excluant pas d’ouvrir un nouvel espace sur Internet où exercer encore le regard et l’attention qu’il porte aux gens et aux choses.

Il a signé son dernier « post » de son nom en entier.

dom-a3_dh.1279019286.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Il aimait bien, notamment, le jazz, l’esthétique de certaines voitures, le téléphone mobile qui permet le surf, et les jolies filles.

Ces images sont un petit bouquet qui lui est destiné, en attendant de le voir resurgir quelque part, dans quelque temps…

dom-a4_dh.1279019416.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Edwy Plenel, le diable incarné !

Le Chasse-clou pensait partir en vacances tranquille, mais l’insupportable Edwy Plenel (Mediapart) a mis le feu aux poudres

Bien qu’ayant caché la clé sous la porte pour quelques semaines de calme et d’idées extravagantes, voilà qu’il s’agit ici  – au même titre que tous les Twitters, blogs, sites Internet, médias en ligne… dûment vilipendés par le pouvoir en place – de ne pas se laisser étouffer par le matraquage idéologique émanant de l’UMP et, plus haut (mais quelle est la différence ?), par celui lâché en cascade depuis l’Elysée.

Dès le 6 juillet, Le Chasse-clou avait envoyé à une poignée d’amis une « affiche » réalisée à partir d’une photo prise par son reporter lors d’une petite réunion organisée par Le Post, en début d’année, à laquelle participait en personne le sinistre « journaliste de caniveau » (voir un commentaire sous le nom « berdepas », recopié sans gêne d’un blog ), puis légèrement modifiée en fonction des circonstances.

Nous nous faisons un plaisir de publier ci-dessous ces deux documents qui auraient dû demeurer dans un cercle confidentiel, mais qui, considérant le contexte politique actuel, nous ont semblé devoir bénéficier, même à retardement, d’une plus large diffusion à vocation franchement civique.

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                                                                                                                                                                              Le 6 juillet 2010

Cet individu

 

 

est

 

 

dangereux :

 

 

 

il faut

 

 

l’arrêter !

 

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(Photo D.H.)

Edwy Plenel, directeur du journal en ligne Mediapart, a lancé récemment une campagne de calomnie et de haine contre Eric Woerth, ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique, chargé du délicat dossier des retraites.

Ancien trotskyste, Edwy Plenel, déjà impliqué dans de multiples et sombres affaires, cherche cette fois-ci à déstabiliser un ministre honnête et sans reproche, et, au travers de sa personne et de celle de sa femme, l’ensemble du gouvernement et le chef de l’Etat lui-même.

Les Français sont instamment appelés à collaborer à l’arrestation de cet individu dangereux.

Pour tout renseignement sur sa localisation, une récompense de 30 000 euros est offerte par le ministère de l’Intérieur (composer le 17).

Un dernier conseil à nos aimables lecteurs : ne pas manquer l’intervention inopinée (compte tenu de l’urgence due aux « méthodes fascistes » employées par Mediapart), lundi 12 juillet, du président de la République lui-même sur France 2, de 20h.15 à  21h.15 : la vérité sera enfin rétablie, et Emile Zola confirmé devant la Nation comme Premier ministre.

Au fait, ne pas oublier non plus d’afficher partout, à la fois sur les lieux de travail et de chômage, le portrait-robot de l’apprenti-Mussolini ou de l’émule de Staline  – même si pourtant catalogué trotskyste – que notre pays est contraint d’héberger : on lui cherche un successeur de droite, avec un nom si possible assez proche de Goebbels.

Edwy Plenel, le diable incarné !

Il est vrai qu’il fait déjà sacrément peur aux petits enfants (surtout ceux de Neuilly-sur-Seine).

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(Photo D.H. Le maquillage a été rajouté.)

Dominique Hasselmann

Le navire gouvernemental passe-t-il sous la ligne de flottaison ?

L’avenir est parti en fumée.

L’annonce, hier, de l’éviction des deux secrétaires d’Etat (l’un à la coopération, l’autre au Grand Paris) est arrivée plus tôt que prévue : le courroux présidentiel a été bien compris par les deux guignols qui ont préféré, après avoir été fortement sollicités, prendre les devants avant de ressentir la détente de la catapulte dans le bas du dos.

Leur nouvelle activité : « chargés de démisssion » !

lemondefr-du-4710.1278310876.jpg(Lemonde.fr du 4 juillet. Cliquer pour agrandir.)

L’affaire Bettencourt-Woerth  (mais quel rapport ?) est renvoyée au second plan, pour un temps. Le navire gouvernemental passe-t-il sous la ligne de flottaison ? Nicolas Sarkozy tente de calfater les voies d’eau qui se multiplient : même nos amis suisses s’en inquiètent rapidement.

afp-archives-jeff-pachoud.1278311043.jpg(Alain Joyandet. Photo Jeff Pachoud/AFP. Le tag a été rajouté.)

blanc2_dh.1278314130.jpg (Christian Blanc. Photo Charles Platiau/Reuters. Le tag a été rajouté.)

Au fait, c’est encore loin, le Groenland ?

Images de croisière, Godard… Le Chasse-clou arrête sa parution durant quelques semaines – le contrat est à durée indéterminée – au cours desquelles il pourra lire jusqu’à plus soif, se promener ailleurs que dans le champ de l’actualité politique, vagabonder, rêver, nager, respirer l’air non pollué qui souffle sans doute autre part…

A bientôt, chers lecteurs !

Dominique Hasselmann