Chimiquement pur

Même si quelques intellectuels, toujours prêts à dénigrer la politique actuelle, se plaisaient à croire que cet événement était monté en épingle par les médias dominants, il n’en restait pas moins un sentiment de peur diffus dans la population.

Les pédophiles frappaient en effet à tous les coins de rue.

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(Photos prises sur l’autoroute A7, le 12 août.)

Face à cette situation qui tournait à la catastrophe, un certain nombre de mesures de prévention avaient été décidées par le président de la République ; les ministres concernés n’y avaient pas pensé, et devaient maintenant appliquer dare-dare les ordres venus d’en haut.

Les enfants étaient désormais encadrés systématiquement sur le chemin de l’école, à l’aller et au retour du domicile, par des « Accompagnateurs recrutés régulièrement par l’hôpital des enfants uraciles » (ARRHEU).

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Dans les cinémas, un filtrage sévère était opéré à l’entrée, après présentation de la carte d’identité informatisée devenue obligatoire dès l’âge de trois ans, et aucun mineur assistant à une projection mettant en scène, par exemple, un ogre (!) dénommé Shrek ou, pire, une histoire à consonnance politique comme Persepolis, ne devait côtoyer sur son fauteuil un adulte, fût-il même (voire surtout) de sa propre famille.

Dans les rues, s’ils désiraient se rendre dans un grand magasin ou un restaurant McDonald’s, au hasard, les enfants – qui ne pouvaient se déplacer que par groupes de six au minimum avec un « Moniteur agréé par le ministère de la jeunesse » (MAMJ) – étaient munis d’un GPS passé à la ceinture, afin que l’ordinateur central puisse repérer en temps réel leur localisation.

En voyage, un système de télévision embarqué dans tous les véhicules (automobiles, camions, bus, deux-roues à deux places, aéronefs, bateaux, transports en commun…), relié à l’« Autorité centrale de surveillance infantile » (ACDSI), évitait tout dérapage éventuel.

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Sur les postes de télévision, les lecteurs de DVD, sur les micro-ordinateurs, le fameux « contrôle parental » n’était plus une simple « option » offerte par les opérateurs, mais une obligation légale : le système de surveillance était intégré dans les machines elles-mêmes grâce à la reconnaissance biométrique de la pupille par des mini-caméras identifiant qui les regardaient ou les utilisaient.

Idem pour les iPod et autres baladeurs : la biométrie de l’oreille mesurait les caractéristiques de celle-ci, donc l’âge et les musiques pouvant être écoutées (NTM, c’était définitivement râpé pour les mineurs).

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Pour parfaire le dispositif, encore un peu léger, il faut le dire, un député UMP avait annoncé le 22 août 2007 qu’il allait déposer une proposition de loi qui obligerait un délinquant sexuel à une « castration chimique » s’il était encore considéré comme dangereux, ou « potentiellement récidiviste ».

Ce député, par ailleurs sommité médicale d’un hôpital parisien, estimait également que « ces délinquants sexuels sont aussi souvent des meurtriers et, si on arrive à provoquer leur impuissance, ils seront beaucoup moins dangereux. »

Heureusement, cette proposition de loi était devenue réalité juridique quand elle fut adoptée par le Parlement le 4 octobre 2007.

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Un des décrets d’application, publié certes un peu tardivement, le 28 septembre 2009, stipulait qu’afin d’éliminer un certain nombre de risques, les enfants de trois ans qui avaient été détectés comme « potentiellement déviants » seraient soumis, eux aussi, à la thérapie radicale inventée par l’honorable parlementaire.

Malgré quelques timides tentatives d’opposition à cette mesure, émises par des associations qui semblent se préoccuper plus du sort des assassins et violeurs que de celui de leur gibier (« le premier des droits de l’homme à défendre, c’est celui de la victime », avait fort justement déclaré le 20 août 2007 Nicolas Sarkozy), les premiers traitements avaient été lancés et donnaient des résultats particulièrement probants.

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Sigmund Freud pouvait enfin dormir tranquille, et sans plus de remords : la tristement célèbre « sexualité infantile », pour une partie des futurs jeunes coupables repérés à temps, n’était plus ce cauchemar stupide que le psychanalyste viennois avait inventé, vraisemblablement lors d’un délire psychotique, lui dont l’œuvre délétère avait provoqué tant de drames de par le monde.

Résultat tangible : les « prédateurs » étaient éliminés, avant ou après leur forfait, et sans coup férir.

Tout était désormais chimiquement pur.

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Dominique Hasselmann

« Connaître vos lèvres »

Dans ce grand magasin parisien, la roue horizontale en bois tourne devant les surveillantes assises ; chacune d’entre elles reçoit une fiche (information, comptabilité…) qu’elle classe immédiatement dans un tiroir. Cet engrenage huilé ressemble au plateau mobile d’un restaurant japonais, mais il est d’un diamètre beaucoup plus imposant.

Les employées sont dans la ligne de mire de chacune des contremaîtresses : elles en surveillent toutes une ligne en perspective, et les ouvrières ressemblent à des couturières qui travailleraient dans un atelier clandestin du tiers-monde.

Je passe dans un des boxes de travail et je remarque une jeune femme qui ressemble à Valeria Bruni Tedeschi (j’ai lu récemment un faire-part de deuil de sa famille dans le Carnet du « Monde »), héroïne de La seconda volta de Mimmo Calopresti. Je me souviens en même temps du rôle de Nanni Moretti dans ce film intense.

Nos regards s’accrochent, s’aimantent en un éclair. Je tombe amoureux un peu trop tard mais elle se lève tout à coup avant que je ne quitte la pièce et m’appelle par mon prénom : « Il faut que l’on se voie ! ».

Maintenant, je suis transporté dans une maison, je prends un papier et un stylo dans mon sac à dos et j’écris : « J’ai envie de connaître vos lèvres. » Chaque parole émise par sa bouche est un présent.

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Je lui glisse le papier dans la main, juste avant que le type qui doit vivre avec elle n’arrive et nous nous présentons l’un à l’autre.

Ensuite, nous sommes dans une salle à manger où bavardent quatre individus dont l’un ressemble à Bernard Lavilliers. Il vend des jeans : le Berlusconi à 175 euros, le Sarkozy à 150 euros. Il me vante la qualité du premier, d’un bleu soutenu, ou de souteneur, avec un piqué dans le bas (aviation mussolinienne ?). Je signale à ce vendeur que mon frère vient d’acheter, à Besançon, un Sarkozy pour 75 euros.

Ensuite, je prends ma voiture et je me dirige par la « route rouge » (elle est fléchée par un grand nombre de pancartes) jusqu’à la maison de l’adorée.

Je monte les escaliers, puis mon hôtesse m’invite à l’accompagner dans son véhicule, une mini-Cooper ancienne, comme « la vraie » Fiat 500 (avant qu’elle ne soit maintenant détrônée par un modèle plus moderne).

Elle conduit bien, ma Valeria, j’admire son profil droit, ses pommettes sont devenues un peu rouges ; elle me dit à brûle-pourpoint que notre relation est trop visible et que nous devons faire l’amour tout de suite.

Je me demande aussitôt quel scénario inventer pour expliquer chez moi mon absence de la nuit qui doit venir : une réunion impromptue ou un « séminaire-surprise » ?

Oui, voilà l’idée : un séminaire.

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Dominique Hasselmann

Visée politique de Rodtchenko

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En premier lieu, prendre le parti d’écrire Alexandre Rodtchenko avec un « t », puisque c’est ainsi que son nom est orthographié sur les affiches de l’exposition (20 juin au 16 septembre) du Musée d’art moderne de la ville de Paris. (En revanche, Malevitch est, dans le dépliant distribué, écrit avec un accent aigu.)

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Ensuite, pénétrer dans le bâtiment (construit en 1937) qui a gardé son côté monumental de l’époque. « La révolution dans l’œil » est aussi à l’extérieur de la rétine.

Les murs et la moquette sont de couleur rouge, dès l’entrée des salles où sont exposés principalement les photos de Rodtchenko (en collaboration avec la Maison de la Photographie de Moscou), et ses collages, photomontages, tableau (un seul), les revues (Changement N°2-3, 1931, Lénine en casquette comme la foule des hommes…), les livres qu’il a illustrés, les affiches qu’il a créées.

Le 24 novembre 1920, Rodtchenko avait écrit le slogan : « L’art dans la vie », et il s’évertuera à mettre en pratique cette ligne de conduite, cette visée politique, jusqu’à sa mort le 3 décembre 1956 : Staline avait déjà quitté ce monde plus de trois ans avant lui.

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Ce qui est plaisant dans le parcours de l’exposition Rodtchenko, quand les murs deviennent gris par la suite, c’est le peu de monde qu’elle attire : un portrait de Maïakovski n’est pas aussi connu que celui de la Joconde, et l’espace est libre pour voyager dans les grandes salles silencieuses.

Ici, chaque photo parle d’elle-même, les perspectives sont renversantes car renversées (Echelle d’incendie, Maison de la rue Mianistkaïa, 1925), le cadrage déstructure l’architecture, la plongée n’est pas nautique, et la contre-plongée sera peut-être considérée comme contre-révolutionnaire…

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En 1923, un des nombreux photomontages de Rodtchenko est intitulé La Crise : des hommes tombent, survolés par des avions, et en bas les habitations s’écroulent. L’immeuble Mosselprom (1926) est complètement penché. Moscou s’agite, vu d’en haut.

Un reportage de Rodtchenko à l’usine automobile AMO (1929) lui permet de jouer avec les cercles, les roues, le mouvement concentrique de l’industrie qui tourne et qui fabrique : « constructivisme » partout ! De même, une usine à bois (1930) lui permet d’aligner des planches (contact ?) à perte de vue, de jongler avec des parallèles qui exhalent quasiment l’odeur de la scierie et du bois coupé.

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Revue Nouveau Front gauche de l’art : 1931. Reportage Chantier de construction de la mer Blanche : 1933.

Dans toutes les photos de Rodtchenko sont à l’œuvre la mise en perspective, le décadrage, l’angle inédit, l’instabilité maîtrisée, le regard de côté. Rien de moins officiel comme approche esthétique (membre du groupe Octobre en 1928, Rodtchenko en fut exclu en 1932). Le regard est indomptable.

La photo peut devenir déviationniste si elle révèle ce qui ne devait pas figurer en gros plan : La Pionnière (1930), reproduite sur l’affiche de l’exposition, côtoie une autre image, celle d’un Pionnier à la trompette dont certains censeurs ont dû se demander si elle ne dépassait pas les bornes du réalisme socialiste !

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Joie, aussi, de retrouver « en vrai » le photomontage (publicité pour les éditions d’Etat de Léningrad) inséré dans une interview de Jérôme Peignot, et repris d’ailleurs dans un article de ce jour du « professeur Ka ». Une œuvre de toute beauté, qui a la force de l’appel, de l’élan, de l’art dans son expression la plus intense. L’université d’Austin (Texas) l’affiche même en gros plan !

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Comment ne pas aimer l’image du metteur en scène Lev Koulechov enfourchant son side-car ? Comment oublier ces Soldats de l’armée rouge (1930) en noir et blanc, sur fond évidemment rouge ? Comment ne pas adorer La jeune fille avec un Leica (1934), avec ses jeux de lignes et ses lignes de jeu ? Comment ne pas admirer ce projet d’affiche pour Kino-Glaz ( Ciné-Œil), les journaux filmés de Dziga Vertov ? Comment ne pas sourire au vu de l’illustration du livre Conversation avec un inspecteur des finances sur la poésie, de Maïakovski (1926) ?

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Plus tard, Rodtchenko créera des photomontages, avec sa femme Vavara Stepanova et Victor Temime (région du lac Hazan, 1939), et il s’occupera de la couverture de Soviet Life (!), en 1944, captant au vol une femme qui s’élance dans le ciel, les bras écartés.

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L’exposition Rodtchenko est ainsi l’occasion de faire un autre « retour de l’URSS », avec son paysage historique immortalisé et la volonté artistique de l’interpréter, de le recréer. Pour un amateur de photographie, elle fixe un certain nombre de principes qui demeurent toujours valables, même quand l’image est devenue virtuelle : car c’est encore l’œil qui a le dernier mot.

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Dominique Hasselmann

Retour clinquant de l’idée au logis

Ce soir, roulements de tambour : palmarès du festival de Cannes. Jules Amédée Barbey d’Aurevilly aura bénéficié d’un peu de pub grâce à Catherine Breillat (« bobo » habitant le 10e arrondissement de Paris), qui partage avec l’écrivain plus ou moins oublié le scénario de son dernier film.

Ces images « glamour » de la Croisette nous renvoient à un autre tapis rouge, celui de l’Elysée le 16 mai et de la montée de ses marches avec toute une pléiade de vedettes. Las, l’imitateur d’Al Pacino et de Tom Cruise ne s’est pas déplacé au Palais des festivals, puisqu’il possède le sien propre à Paris.

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On apprend d’ailleurs avec plaisir, ce matin dans notre hebdo préféré, Le Journal du Dimanche (il n’est pas interdit d’espérer en Dieu), qu’un sondage de l’Ifop (PDG : Laurence Parisot) montre la satisfaction de 65 % des Français concernant le nouveau président de la République. Il est vrai que l’on aurait pu craindre, un moment, une certaine lassitude devant le footing forcené du chef de l’Etat.

S’agit-il du retour de l’idée au logis ? Le consensus quasiment total sur les « valeurs » (quel que soit leur retournement, la droite et la gauche étant classées au rang céleste des vieilles lunes), affiché par nos commentateurs patentés, est admirable. Même un Laurent Joffrin (Libération du 24 mai) nous ferait presque pleurer, lui aussi, avec la lecture prochainement obligatoire, dans les lycées, de la lettre de Guy Môquet.

« Ensemble », consensuellement, avec le style pesant d’Allègre (ou, me souffle un ami, « à l’aigre ») : « Hollande a préféré s’entourer de magouilleurs incompétents », interview dans Libération du 26 mai. L’idéologie dominante n’a plus besoin de se cacher, elle aplatit, envahit tout.

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Cependant, pour se mithridatiser, l’heure est venue de relire, par exemple, Karl Kraus ou, plus paisiblement, Julien Gracq.

Du 30 mai au 3 juin va justement se tenir, à Lyon, le premier colloque des Assises internationales du roman (un tribunal ?) : c’est aussi le moment, à heure du strass ou du stress, de se replonger dans le livre autobiographique d’un grand cinéaste (palme d’Or à Cannes en 2002).

Son titre était un défi à lui tout seul : Roman.

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Dominique Hasselmann

Short story

Sans règle et sans compas, il avait entrepris de « faire bouger les lignes ». Sa stratégie, qui tenait dans cette formule répétée par la quasi-totalité de la classe journalistique, était claire : tout devait être mis cul par-dessus tête.

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Avant lui, ce n’étaient qu’épisodes de peu d’importance, confetti (comme dirait l’illustre préfacier italien de son dernier livre) que l’Histoire avait déjà emportés au gré de son souffle salvateur. Les belles théories, les sincères proclamations, les audacieux projets, les riantes perspectives, la chambre bleu horizon : broutilles, brouillard dont il fallait émerger au plus vite.

Le pragmatisme était devenu le seul totem devant lequel se prosterner : l’idéologie se nommait « la folle du logis », et les idées elles-mêmes devenaient suspectes au regard de l’action tous azimuts qui devait régenter le management sociétal.

« Acting ! » : short story.

La fonction de président de la République ressemblait à un costume empesé, avec son grand cordon, à enfiler après le short de la délivrance : jogger et non papoter, courir et non discourir, galoper et non disputer, tenir et non mentir, partir et non trahir. Le palais national devait maintenant servir de gymnase et non de lycée, l’Elysée n’était pas l’empyrée d’une cohorte de déçus ou de désappointés.

Tous les matins, les collaborateurs du Président se réunissaient pour le footing obligatoire : comme d’autres, Roselyne Bachelot avait senti, au début, quelques difficultés à suivre le train, mais, si elle voulait conserver son poste, elle se devait de haleter en chœur avec ses collègues. Les postillons s’éparpillaient devant dans la rosée.

Le Bois de Boulogne, débarrassé en vitesse de ses péripatéticiennes en « tubes » Citroën, accueillait désormais quotidiennement une joyeuse troupe de sportifs dont le nombre de gardes du corps multipliait par trois la légion occupante : pas moins de cinquante voitures avec gyrophare polluaient désormais ce rare poumon parisien.

La consigne était simple : créer sans cesse l’événement pour occuper les médias (un jour, un ministre se foulait la cheville, le lendemain tel secrétaire d’Etat prenait le sentier de gauche au lieu de celui de droite, une autre fois telle ministre goûtait à la caresse sévère des orties sur sa peau d’orange…), inventer le feuilleton politique de l’année 2007 qui tienne les Français collés, comme sur du papier tue-mouches, devant leurs postes de télévision, leurs écrans Internet, leurs auto-radios, et quelques autres déviants, de plus en plus rares, amateurs de la presse imprimée.

Politique-spectacle ? Evidemment non ! Il s’agissait de l’information en temps réel sur les gestes des responsables du bien-être du peuple français, avec une transparence immédiate et immanente. Comment avait-t-on pu rester si longtemps éloignés des réalités du pouvoir ? Pourquoi le précédent président de la République ne s’était-il pas adressé plus souvent aux 82 % de Français qui l’avaient élu, dans l’enthousiasme, en mai 2002 ? Pourquoi attendre le 14 juillet, le Nouvel An et, parfois, un accident dans le parcours pacifique de la politique étrangère (Chirac et l’Irak), pour entamer un réel dialogue confiant et positif ?

L’équipe était soudée, on ignorait seulement encore son cri de guerre, style All Blacks (pour les All Beurs, Brice Hortefeux s’en occuperait). D’après certaines « fuites » provenant peut-être des deux journalistes du « Point » et du « Figaro » chargées en partie de la communication élyséenne, la composition et les paroles du hurlement primal du « pack » présidentiel avaient été confiées à Pascal Sevran.

Quant à Georges-Marc Benamou, le nouveau « mémorialiste » installé à l’Elysée dans un bureau « pas très loin de celui du Président », il avait été invité le 21 mai dans l’émission En aparté sur Canal + et n’avait pas moufté en revoyant les images anciennes de ses promenades avec François Mitterrand : comme le temps passe !

Mais la politique, c’était aussi la Culture : aussitôt nommée, Christine Aubanel avait fait appel à Steven Spielberg pour réaliser une grande œuvre cinématographique (juste après la réalisation de son gentil Tintin), dans le but d’édifier les masses populaires sur les qualités incomparables de notre nouveau et bien-aimé Président. L’acteur principal, grand amateur du 7ème art, avait été repéré sans mal et, au vu du résultat probable et du cachet promis, s’était engagé par contrat aux clauses juridiques soigneusement pesées.

Il n’y aurait pas besoin de maquillage ni de trucage, même virtuel : il était « le » personnage, et aucun concurrent ne pouvait logiquement se mesurer à lui. Déjà, la réplique célèbre, reprise dans le futur film à succès « E.T. , le sacre », était de nouveau sur toutes les lèvres : « Téléphone maison ! ».

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Dominique Hasselmann