Rachida Dati avec un petit lit sans barreaux ?

On sait enfin pourquoi Rachida Dati aime l’art rose : c’est une des couleurs de la layette – mais si c’est un garçon ? Pourquoi d’ailleurs, alors que son petit ventre rond était visible sur le perron de l’Elysée, mercredi à la sortie du Conseil des ministres, faudrait-il ne pas parler de cet heureux (souhaitons-le) et prochain événement ?

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(A l’Elysée, le 21 août. Photo Sipa.)

Des lecteurs du « monde.fr » estimaient hier qu’il s’agissait d’une info de « caniveau », ce qui est peu aimable à la fois pour la ministre et pour l’organe de presse. Pourtant, cette nouvelle est éminemment politique, et ce, à plusieurs niveaux.

D’une part, on ne connaissait jusqu’à présent que seulement trois ministres qui étaient « tombées » enceintes durant l’exercice de leur « job », comme dit le président de la République. Un quatuor serait ainsi formé et la natalité de nouveau placée en majesté au centre d’une politique vraiment exemplaire.

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(A Uzès, le 10 août. Photo D.H.)

D’autre part, il est encourageant de voir qu’à l’âge de quarante-deux ans, Rachida Dati ne s’est pas sentie « out » pour se lancer dans une future maternité et qu’elle assume sa nouvelle position. Même si ses déclarations sont plutôt alambiquéesSi c’est consolidé, je serai heureuse et j’aurai l’impression d’avoir bouclé la boucle. Sinon j’en serai très chagrinée, mais je mettrai du rouge à lèvres là-dessus et je porterai ce sac toute seule ») et exigeraient une analyse poussée, car le non-dit déborde ici comme un lipstick parfumé de chez Dior sur une bouche avide.

Enfin, les nombreuses démissions internes au ministère de la Justice (« Valse avec Dati » !) vont sans doute ainsi ralentir puisque la garde des Sceaux devrait accoucher en janvier 2009, date donnée comme probable pour un prochain remaniement ministériel.

Il faut simplement souhaiter que le petit lit de l’enfant de Rachida Dati ne comporte pas de barreaux, ce qui pourrait se révéler traumatisant pour lui, et rappeler pour elle la situation actuelle. Les prisons françaises comptent en effet un taux remarquable d’occupation, grâce notamment aux lois sur les peines planchers et la récidive.

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(Uzès, 10 août. Photo D.H.)

Cependant, le fichier Edvige devrait sûrement améliorer la situation – même s’il est peu probable que Rachida Dati pouponne, le cas échéant, entre les murs de Fleury-Mérogis.

Dominique Hasselmann

Ecrit sur les murs

Dans ce commissariat de police, le hall d’accueil a été refait à neuf : on peut s’asseoir sur un banc de pierre en béton et un pan de mur entier affiche tous les articles de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

A l’intérieur d’un bureau, une affichette imprimée stipule : « Pour les CIAT, les tampons ne doivent pas être utilisés. Seule la Marianne est autorisée. »

Nous sommes bien en République. On respire.

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

A la recherche

Vendeuse recherchée, style de l’annonce : moins.

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(Photo : 22 juin à 11 h. 56. Cliquer pour agrandir.)

A temps complet, c’est évidemment mieux qu’à mi-temps ou rien du tout. Mais comment confronter son expérience « similaire » (de rien) à la recherche du temps gagné (« travailler plus pour… ») ?

C’est que le CV ne suffit pas, il faut également produire une lettre de motivation, attention à la rédaction en simili cuir(s) ! Et puis la photo : doit-elle être prise dans une cabine Photomaton agréée par le ministère de l’Intérieur (« On ne rigole pas avec les photos d’identité. Ne pas sourire, avoir un air neutre, enlever vos lunettes… ») ? Bref, ressembler à un portrait-robot ?

Après (bizarre que l’on n’exige pas des mensurations spéciales, entre autres critères sans doute cachés), il restera à réussir le casting.

Pour vendre, il faut d’abord savoir se vendre.

Et tourne le moulin, quai de Valmy, du commerce habillé en rose !

Dominique Hasselmann

Louise Bourgeois « at home »

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On s’en fiche de la foule, d’abord c’est la piazza en pente et Louise Bourgeois nous surplombe d’un air bienveillant avec son béret français, ensuite c’est le serpentin du hall, avec son universelle aragne, pour aller aux caisses, puis c’est la verrière de la galerie au 6ème étage, où le soleil revenu commence à taper sur les crânes, maintenant c’est le couloir où sont accrochées des photos noir et blanc pour faire patienter les visiteurs, enfin c’est le deuxième compostage du ticket (l’ordinateur compte les personnes mieux que la police les manifestants, « Louise Bourgeois sera contente ! » me dit la poinçonneuse que je félicite pour sa patience).

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(Photos : cliquer pour agrandir.)
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Invention, créativité époustouflantes, concrétisation d’images mentales, concrétion de rêves, objets et souvenirs d’enfance un peu (rien qu’un peu) fantasmés, multiples sortes d’« installations » qui n’ont rien d’installé, paysages, sculptures, et ces étranges « femmes-maisons » – l’artiste nous invite et nous promène en permanence dans sa tête – « destruction du père, reconstruction du père », cages, prisons, « Red Rooms », lits à un, à deux ou à plusieurs, érotisme ludique, vêtements déshabillés, pendus, suspendus dans l’air…

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Au quatrième étage, suite et fin : dessins, peintures, et surtout le monumental tonneau avec, à l’intérieur, le manteau surdimensionné comme un nuage noir, et l’inscription « Art is a guaranty of sanity ».

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(Photos : cliquer pour agrandir.)
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C’était hier, dernier jour de l’exposition Louise Bourgeois « at home ».

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Dominique Hasselmann

Carla Bruni-Sarkozy (CBS) « teasing »

Non contente de se lever à point d’heure pour accompagner son gentil mari à Rungis dans sa tournée des fromagers et bouchers (la viande qui se lève tôt), la Première dame de France aux initiales chantantes, Carla Bruni-Sarkozy (CBS), s’affiche également en ville.

Selon les canons de la profession, on commence d’abord par une pub « teasing », puis c’est ensuite la « révélation » du produit.

Bravo l’artiste !

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(Photo : Paris, cours de Vincennes, 20e, 26 mai. Cliquer pour agrandir.)
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(Photo : Paris, rue François Miron, 4e, 28 mai. Cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

L’art dans sa glace

J’avais séché sur une énigme proposée par ce blog qui me surprend toujours par sa créativité. Et puis, une fois la solution révélée, je me suis rappelé l’avoir aperçue, comme son reflet même, près de chez moi il y a déjà quelques jours.

Quelle était donc la différence entre cette œuvre de Sarah Lucas et « l’installation » réelle dans l’avenue ?

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Précisément, à l’intérieur du palais de Tokyo, la voiture n’avait plus ses plaques d’immatriculation d’origine – un effet de l’art – et paraissait incongrue à cause du décalage qui lui était accordé en ce lieu : beau
« comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie », et principe classique, ou moderne, du « ready-made » que sa présence imposait.

Mais dehors, depuis le temps que la « vraie » voiture vandalisée (personne à l’intérieur, pas de « scène de crime ») stationnait là sans papiers d’horodateur, elle n’avait pas récolté un seul PV sur la vitre avant : si le pare-brise avait été cassé, le propriétaire du véhicule (volé ?) aurait pu échapper au papillon, mais ne couperait sans doute pas à la fourrière prochaine.

En tout cas, hier matin, la voiture était toujours là : hélas, il manquait un (audio) guide pour expliciter le sens de cette représentation artistique, qui d’ailleurs ne semblait pas attirer les foules.

Pourtant, pas de ticket à acheter pour pouvoir admirer l’oeuvre, et occasion offerte de la photographier sans encombre !