Eric Woerth dans l’amble de tir

Même le soir, à Paris, le voici soudain qui apparaît et son regard de chien battu, ou de cheval bientôt abattu, nous suit, nous poursuit – on s’est habitué à ces yeux qui, fixant en plein dans le mille l’objectif photographique, ne nous quittent pas, il faut oublier – quel que soit l’endroit où l’on cherche, de côté, à se préserver de leur rayon magnétique.

L’homme du Premier Cercle galope désormais vers celui qui apparaît comme le dernier de l’enfer de Dante, là où tout espoir doit être abandonné, là où tout retour est impossible. Sur le champ de courses de sa carrière, Eric Woerth, d’une manière plutôt cavalière, a sauté la dernière haie : la rosette de la Légion d’honneur décernée à Patrice de Maistre luisait comme une tache de sang sur le vert de l’obstacle de l’hippodrome de Chantilly.

Voici donc Eric Woerth dans l’amble de tir.

Soutenu par un mince fil, suspendu par les bretelles ou maintenu in extremis à son poste par le président de la République pour faire passer la grosse pilule des retraites (débat au Parlement le 7 septembre, le jour de la manifestation nationale), le ministre du Travail, de la Solidarité (oui !) et de la Fonction publique sortira de la tranchée au coup de sifflet comme dans Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, et parce qu’il doit être sacrifié peu après sur l’autel de « la République irréprochable », d’un coup de merlin.

Son ignominieuse « lapidation » prendra alors fin, mais pourquoi n’a-t-il pas eu droit, lui aussi, au cours de son long martyre, à une lettre publique de réconfort signée par Carla Bruni-Sarkozy, pourtant il le vaut bien ?

Toutes ces calomnies venues de la presse (qui ne cherche qu’à vendre ses torchons), toute cette « ambiance malsaine », comme dirait un Jean-François Copé, tous ces remugles, ces révélations au goût d’égouts donnent – vous ne trouvez pas ? – de la politique en France une image désastreuse…

Eloignons-nous maintenant du panneau Decaux qui attire dans la nuit les passants comme des phalènes.

Il faudrait peut-être rapidement faire voter une loi pour interdire ce genre d’affiches (souvenons-nous de Marianne) !

woerth-repu_dh.1283579061.jpg (Photo : Paris, hier soir, place de la République. Cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Houellebecq enfariné

Cher Michel,

Tu sais, ton coup de téléphone hier soir m’a fait réellement plaisir, et tu m’as doublé sur le fil car j’allais justement t’appeler pour te féliciter : ta photo en « une » du Monde d’hier après-midi, c’est très chic ! Un petit reproche, quand même (tu me pardonneras, j’en suis sûr) : ta chemise bleue quelconque (Monoprix ?) et ton air enfariné… Philippe Matsas ne pouvait pas te dérider ?

Pourtant, il y a de quoi : c’est le succès partout ! J’ai lu cet article dans le supplément du Monde des livres : Raphaëlle Rérole est totalement élogieuse, tu es un moraliste, mais « un moraliste un peu nostalgique, alternativement féroce et presque attendri, qui fixerait soigneusement « sur sa toile » les dernières images d’un monde voué à l’extinction – comme une sorte d’inventaire loufoque et méticuleux, avant liquidation ».

Hier matin, on tombait déjà sur une double page dans le Cahier Livres de Libération (l’excellente photo d’un hypermarché faite par Denis Darzacq occupant certes les trois quarts de la seconde), et un article signé Claire Devarrieux – toutes ces femmes sont folles de toi ! – vantant « la qualité du produit » intitulé La Carte et le territoire (Flammarion, 22 euros), « un roman sur la littérature quand on s’y attelle sérieusement ».

Et puis je ne te parle pas (ton agent l’a déjà fait sans doute) de l’encensement, diffusé dans Télérama du 4 au 10 septembre, par Nathalie Crom – elles te veulent toutes, je t’assure ! – où celle-ci dit que tu fais en quelque sorte l’expérience « d’une certaine forme de modestie ». C’est vrai, et ce n’est pas ton pote BHL qui dira le contraire.

C’est seulement sur Bibliobs que Bernard Géniès semble faire un peu la fine bouche sur ton œuvre : mais il faut bien qu’il se démarque du chœur magnifique qui te porte aux cieux, à ceux mêmes, peut-être, du Goncourt ! Comme une certaine Anne Brigaudeau, de France 2, que tu n’as pas vraiment réussi à séduire…

Ce qui est un tout petit peu embêtant, c’est que l’on connaît maintenant, à cause de ces dizaines d’articles qui te sont consacrés, sans parler des émissions de télé et de radio où tu passes et repasseras, toute l’histoire du peintre Jed Martin, du dîner chez Jean-Pierre Pernaut, de l’apparition de Frédéric Beigbeder, et de ton double assassinat (je compte le chien) quasiment par cœur.

Tu me diras, ce qui compte, ce n’est pas l’intrigue, c’est le style : ne jamais confondre Boileau avec Badoit. Et tu as bien joué en sachant utiliser les médias et la société de consommation que tu critiques par ailleurs : tu ne serais pas un peu situationniste sur les Debord ?

J’ai lu dans « Libé » que tu citais beaucoup de marques dans ton livre (tu veux imiter Bret Easton Ellis ?), en fait c’est ce qu’on appelle du « placement de produits », autorisé maintenant à la télévision : j’espère que ça rapporte un peu, ou rien du tout ?

Hier soir, je n’ai pas osé te demander si tu pouvais m’envoyer directement ta nouvelle carte Michelin. Mais comme quelques pauvres hères assis sur les trottoirs, avec un bout de papier sur lequel est écrit : « Pour manger, SVP ! », je vais, moi aussi, aller quémander et brandir l’affichette tapée à l’instant sur mon MacBook : « Pour acheter Michel Houellebecq, SVP ! »

pantheon_bd.1283495061.jpg(Photo : Paris, Le Panthéon, place des Grands hommes, 5e, le 29 août. Cliquer pour agrandir.)

Benoît Dehort

Romance « One Day » et feuilleton politique

Ils ont occupé les rues du Xème arrondissement de Paris pendant trois jours, dont deux de tournage (mardi et mercredi) pour quelques séquences du film intitulé One Day.

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one-day-3_dh.1283405577.jpg one-day4_dh.1283405635.jpg(Photos : cliquer pour agrandir.)

Quand une production américaine se déplace, elle ne lésine par sur les moyens : des dizaines de semi-remorques, quatre caméras, une grue, des projecteurs énormes, une foule de techniciens, machinistes, maquilleuses, photographes, assistants, sans compter les figurants et les deux acteurs vedettes : Anne Hataway et Jim Sturgess.

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one-day7_dh.1283405986.jpg one-day8_dh.1283406024.jpg(Photos : cliquer pour agrandir.)

La réalisatrice est Lone Scherfig, qui a dû décrocher un budget conséquent (auprès d’Eric Woerth ?) pour filmer cette « romance », peut-être à l’eau de rose mais en tout cas très proche de celle du canal Saint-Martin.

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oneday11_dh.1283406426.jpg (Photos : cliquer pour agrandir.)

Cela pourrait nous changer sûrement du feuilleton politique actuel.

one-day12_dh.1283406547.jpg(Photo : perquisitionner pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Portrait pour trait de Nicolas Sarkozy accroché au mur

En regardant les photos de la cérémonie (fort civile) du 28 août dernier à Cléron (25), le portrait  du président de la République trônant au-dessus de l’officier d’Etat civil me rappelait toutes les exégèse et décryptages, plus ou moins humoristiques, qui étaient parus lorsque cette photo officielle fut publiée.

Et là, c’est comme s’il dominait l’assistance réduite en souriant, plutôt mécaniquement, devant sa rangée de livres qui sonnent faux, avec cette pose artificielle destinée à copier, notamment, l’un de ses prédécesseurs qui pouvait s’appuyer, lui, sur une autre culture.

mairie-cleron-vh.1283320711.jpg(Photo Virgile H. Cliquer pour agrandir légèrement.)

Mais il n’y avait pas le choix : difficile d’échapper à Nicolas Sarkozy, que ce soit à la télévision, dans la presse, sur les kiosques à journaux, dans les mairies, les préfectures, les écoles (dans les commissariats de police, souvenir du ministre Pierre Joxe, c’est la Déclaration des droits de l’Homme qui semble parfois incongrue)…

Alors, revoir en situation, portrait pour trait, cette icône accrochée au mur, « immortalisée » par le photographe « people » Philippe Warrin, laissait vagabonder l’esprit ; l’homme d’Etat allait peut-être descendre lui-même de son lieu de crucifixion et venir serrer la main des mariés, en leur disant, avec sa prononciation inimitable (sauf par Stéphane Guillon) : « Et surtout, hein, n’oubliez pas de voter pour moi en 2012 ! »

Un miracle est parfois si vite arrivé.

Dominique Hasselmann

François-Marie Banier et son mensuel socialiste

On connaît les multiples casquettes qu’arbore François-Marie Banier, l’ex-légataire universel de la milliardaire et désormais célèbre femme d’affaire(s) Liliane Bettencourt : écrivain, photographe, dessinateur, acteur…

Or, cette dernière activité de l’artiste est malheureusement passée la plupart du temps sous silence. François-Marie Banier a en effet joué dans sept films, dont deux dirigés par Eric Rohmer. Et le plus intéressant de ceux-ci, au vu de l’actualité et du feuilleton politico-financier Woerth-Bettencourt, est sans doute L’Arbre, le Maire et la Médiathèque (1992).

J’ai revu récemment en DVD (qui porte curieusement  sur la jaquette et la galette le titre : L’arbre, le maire, la médiathèque) cette pochade en forme de « conte moral », dont Eric Rohmer fut le grand spécialiste.

dvd-rohmer_dh.1283230466.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Le cinéaste s’amuse ainsi follement à mettre en scène le maire socialiste d’un village, Lucien Dechaumes (excellent Pascal Greggory, compagnon de « FMB »), qui a décidé d’implanter une médiathèque au beau milieu d’un champ où s’élève un arbre centenaire, projet contre lequel le directeur de l’école, Marc Rossignol (ineffable Fabrice Luchini) s’arqueboute avec toute sa fibre écologique.

Un reportage sur ce conflit est alors effectué par le mensuel socialiste Après-Demain dont le rédacteur en chef, Régis Lebrun-Blondet (formidable François-Marie Banier), décide de caviarder avant publication toute la partie concernant l’élu de gauche qui risquerait de faire de l’ombrage, si l’on peut dire, aux instances nationales du parti s’il bénéficiait d’une couverture… médiatique trop importante.

C’est ici que François-Marie Banier apparaît, dans un étonnant rôle de composition, comme un acteur décidé, un grand joueur, un Frégoli sans scrupules et un séducteur impitoyable qui a su, en fait, employer tout son talent, sa finesse, son magnétisme dans la vraie vie et non seulement sur l’écran lumineux des salles obscures.

Ses photos en noir et blanc, ou en couleurs avec ajouts de peinture, ne représentent ainsi presque rien par rapport à l’envergure de l’œuvre qu’il a entreprise auprès de l’héritière de L’Oréal à laquelle il avait même proposé qu’elle l’adoptât.

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(FMB, photo Associated Press. Le tag a été rajouté.)

Le cosmétique était devenu pour lui une véritable cosmogonie.

Et soudain, là, ce n’était plus du cinéma, mais l’art du réel, l’argent qui coule à gros bouillons jusqu’à celui de onze heures, le paradis d’une île (sauf ses moustiques et ses crocodiles) et Neuilly-sur-Seine comme nid douillet.

Hélas, la justice prétend briser même les rêves des grands enfants, quelle marâtre !

Dominique Hasselmann

Coup de Cléron (25) géographique et politique

Loin de la foule déchaînée – les voitures remontent en sens inverse vers Paris – Le Chasse-clou est parti vendredi matin vers Cléron (25), région de Franche-Comté, où une réunion familiale était organisée.

Le ciel menaçait, le peuple aussi.

cleron1_dh.1283145572.jpg (Photo : A6, vendredi dernier. Cliquer pour agrandir.)

Il faisait sans doute beau à La Rochelle (17), d’après ce qu’en disait la radio : « les deux dames » occupaient la scène médiatique en parallèle, en écho ou en concurrence presque voilée, et l’unité du PS a semblé toute retrouvée (l’université débouchant sur l’universalité) au baisser de rideau.

Ici, seulement 9 km nous séparent d’Ornans, la patrie célèbre du peintre Gustave Courbet. La petite ville, même sous les trombes d’eau, garde son charme, on revisitera le musée une autre fois, il a d’ailleurs dû sans doute fermer ses portes puisqu’il est déjà 19 heures.

Le fromage de comté – le vrai, découpé dans la meule – est à un prix imbattable dans la fromagerie sur la droite (pas très loin du rond-point où se dresse une gigantesque truite sortie sans doute de la Loue) : 8 euros pour 1,100 kg !

Les festivités se dérouleront toute la journée de samedi, après un passage en mairie où l’édile municipale, prof de philo, prononça son discours sous le portrait officiel du président de la République (la bibliothèque devant laquelle il trône apparaît vraiment fausse).

cleron2_dh.1282979167.jpg (Photo: château de Cléron, vendredi dernier. Cliquer pour agrandir.)

Dimanche 29 août, retour vers Paris, dans le sens peut-être « bouchonné« , pas comme le vin d’Arbois dégusté sur place.

Dominique Hasselmann

Insensibles mouvements et direction du retour

A Ornans (Doubs), la chambre d’hôtes Le jardin de Gustave conserve des souvenirs d’antan : chapeaux d’une époque disparue, objets divers…

ornans1_dh.1283063170.jpg (Photo : cliquer pour agrandir.)

Les fenêtres donnent sur la Loue verte qui serpente et semble poissonneuse.

ornans2_dh.1283063961.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Ici, Gustave Courbet n’est jamais loin : la route (avec la reproduction des tableaux correspondant aux endroits précis où ils ont été peints), la place centrale, la statue du petit pêcheur, la promenade, certaines enseignes et puis évidemment le musée.

On imagine le regard du peintre sur les paysages, et le soleil furtif souligne ce matin les contreforts qu’il a capturés sur ses toiles.

ornans3_dh.1283085708.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Mais on ne trouve pas trace picturale… de l’autoroute qu’il faut prendre ce dimanche 29 août – depuis Cléron, que nous avons gagné vendredi après-midi pour une cérémonie familiale samedi – après avoir rejoint Besançon, où un téléfilm sur la lutte des « Lip » vient d’être tourné pour France Télévisions.

Dominique Hasselmann

Girouettes politiques

Grâce à un « extraordinaire protocole d’accord » révélé par Le Canard enchaîné du 25 août (page 4), et passé entre Jacques Chirac, l’UMP et Bertrand Delanoë, la Mairie de Paris serait remboursée de 2,2 millions d’euros correspondant à la facture des 21 emplois fictifs pour lesquels l’ancien président de la République, tel un citoyen lambda, est renvoyé par la justice en correctionnelle.

La somme serait ainsi répartie : 1,65 million payé par l’UMP (une idée de Nicolas Sarkozy), et 550 000 euros – en pièces jaunes ? –  sortant de la poche de Jacques Chirac ; en échange, la Mairie de Paris retire sa constitution de partie civile, et le Parquet a déjà fait savoir qu’il demanderait la relaxe du mis en cause.

stlouis1_dh.1282887339.jpg(Photo : hôpital Saint-Louis à Paris, 10e, le 14 août. Cliquer pour agrandir.)

Le dessin de Plantu en « une » du Monde daté du 27 août illustre fort bien ces « petits arrangements entre amis », allusion au livre Petits meurtres entre camarades de David Revault d’Allones qui est paru hier (Robert Laffont) sur le PS  : celui-ci, d’après un titre sur la même page, « aborde la rentrée en position de force ».

La décision « accommodante »  prise par Bertrand Delanoë – qui aboutirait de fait à « blanchir » Jacques Chirac sur le plan judiciaire – sera soumise au Conseil de Paris les 27 et 28 septembre, mais fait déjà singulièrement tache parmi les Verts, la gauche et même au sein de la droite.

Les girouettes politiques ne sont pas que fictives, même si la rentrée politique se conjugue avec une autre plus littéraire.

stlouis2_dh.1282887559.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Vol au-dessus du pays réel

Cet avion emportait-il quelques Roms avec leurs 300 euros en poche (« l’aide au retour » : de quoi se plaignent-ils…) et l’espoir de revenir en France bientôt ? Deux ministres roumains ont même été reçus hier à l’Elysée, tout va bien.

roms1_dh.1282803653.jpg (Photos prises hier près d’Antony, Hauts-de-Seine. Cliquer pour agrandir.)

On plane, comme dans un moment de félicité, au-dessus de la ville, et puis se déroulent bientôt ses champs jaunes ou verts, ses rivières, ses collines, on prend soudain de l’altitude.

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Bientôt, il n’y aura plus que du ciel et des nuages, une sorte de palier entre la terre et l’inconnu supérieur. Les turbulences de l’insécurité – surtout à Grenoble – sont loin derrière nous, tous les ennuis administratifs et municipaux effacés, les contrôles policiers terminés.

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C’est si confortable, un avion de ligne (ils n’ont pas osé affréter des charters spéciaux où l’on serait entravés tous ensemble), de jolies hôtesses aux genoux polis circulent entre les rangées de sièges et nous servent à boire et à manger : le paradis, déjà !

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Il paraît que le gouvernement français rencontre quelques ennuis et qu’un remaniement aura lieu d’ici le mois d’octobre ; on entend parler aussi d’une sombre histoire d’argent, mais nous, avec nos Mercedes qui datent de vingt ans et nos caravanes antiques, on allait notre petit bonhomme de chemin, sans faire partie de « la gauche milliardaire » ni loger à Saint-Germain-des-Prés.

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Bucarest, c’est grand : l’avenue qui mène à l’ancien palais de Ceaucescu n’a sans doute pas diminué de taille. Il faudrait savoir si on peut s’installer quelque temps sur les trottoirs, en attendant de repartir par la route.

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Dominique Hasselmann

Eric Woerth : de pire en pire ?

L’affaire Woerth-Bettencourt n’a pas fini de dérouler son ruban rouge : lemonde.fr d’hier soir révélait qu’Eric Woerth pourrait être entendu à nouveau par la justice et que la Légion d’honneur qu’il a attribuée, le 23 janvier 2008, en tant que ministre du Budget de l’époque, à Patrice de Maistre (conseiller financier de la veuve L’Oréal) aurait été demandée par le cabinet de Nicolas Sarkozy.

Si cette information est exacte, la collusion politique-finances et le conflit d’intérêts apparaîtraient alors jusqu’au sommet de l’Etat. Mais sans doute s’agit-il d’une rumeur malveillante de plus, Mediapart ayant déjà donné un exemple très fâcheux – et même « fasciste » ! – en la circonstance.

Il est pourtant dommage qu’Eric Woerth, ministre du Travail, de la Solidarité (sic) et de la Fonction publique, accessoirement maire de Chantilly (Oise), mis en cause à plusieurs reprises dans l’affaire qui porte pour moitié son nom, joue en ce moment les muets du sérail, jusqu’à ce qu’un communiqué officiel vienne démentir ces nouvelles allégations infamantes.

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(Eric Woerth. Photo Reuters/Jean-Marc Loos. Le tag a été rajouté.)

On ne comprend d’ailleurs toujours pas pourquoi son innocente épouse a démissionné en catastrophe de la société Clymène, qui gérait les fonds d’une des plus grandes fortunes de France, et pourquoi lui-même a soudain renoncé à son poste de trésorier du parti « populaire » dont il tenait les cordons de la bourse, tout en récoltant, de-ci, de-là, quelques piécettes destinées à alimenter la campagne électorale de l’actuel président de la République.

Cette funeste Légion d’honneur ressemble de plus en plus au petit sparadrap dont Tintin n’arrive pas à se débarrasser dans L’Affaire Tournesol (un autre genre d’imbroglio).

Mais il y a un aspect « détective » dans ce feuilleton qui  ferait une excellente BD ou un film grand-public : et l’on pense immanquablement à un roman policier américain de Leslie Waller, The Coast of Fear, qui fut traduit en français (1976) sous le titre La légion des donneurs

Dominique Hasselmann