Une installation cosmique de Mathieu Soleffi

Depuis maintenant quelques semaines, l’artiste a planté son « installation » dans un coin de la capitale. Nous n’avions pas désiré en parler plus tôt car le lieu doit rester secret, ou à tout le moins discret, afin d’éviter les files de visiteurs – même si la contemplation de l’œuvre d’art est gratuite.

Mathieu Soleffi, né en 1961, s’est longtemps cherché : il semble enfin qu’il se soit trouvé. Les expositions qu’il avait encombrées, jusqu’à présent, de machines un peu bizarres n’ont pas laissé de souvenirs marquants chez les amateurs d’art portant lunettes rouges ou non.

Dites « Mathieu Soleffi » à quelqu’un, il vous fera répéter ce nom en croyant que vous parlez de Raoul Dufy. Or si ce dernier peint, le premier pose : leurs chevalets n’ont rien à voir, l’un est en bois, l’autre en acier.

Comment déstructurer un objet industriel, l’éloigner tout en le rapprochant du regard sinon en le vissant au cœur d’une ville, en asseyant sa construction de poids au beau milieu d’un trottoir et en laissant l’imagination du spectateur grimper jusqu’à son sommet ?

Sorte de fusée de Cap Canaveral en instance de départ, installation cosmique, le monstre (Jean Tinguely aurait aimé) semble bien pacifique, solidement arc-bouté sur ses pattes.

La couleur du fût est céleste, afin que, dans son vol prochain, le cylindre formidable se confonde avec la voûte qu’il ira explorer sans aucun but utile ou lucratif.

L’aspect ludique de l’œuvre (on y accède par un véritable jeu de piste où les cartels habituels sont remplacés par des panneaux indicateurs) prévaut : Mathieu Soleffi a sans doute beaucoup vu et lu Marcel Duchamp.

Dès que la fusée, finalement assez proche d’une de celles de Charles Baudelaire dans son approche urbaine et sa présence évidente, aura décollé, l’installation sera terminée. L’artiste nous a confié lui-même qu’elle devrait sans doute « durer encore quelques mois ».

Qu’il ait hérité du même nom que celui d’une société de travaux publics ne dérange d’ailleurs pas Mathieu Soleffi : « Je joue sur l’ambiguïté et j’aime ça ! », ajoute-t-il dans un grand sourire.

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(Photo de l’auteur. Courtoisie Mathieu Soleffi.)

Dominique Hasselmann

Voilà qu’Aubry s’affiche à Paris

L’une avait déjà la rue Royale (rue de la Révolution en 1792), artère chic du 8ème arrondissement, à Paris, débouchant place de la Concorde.

L’autre se contente – pour le moment – d’une plaque au nom peu amène dans le 4ème : après le découpage du PS en deux morceaux lors du congrès de Reims, ce qualificatif restera-t-il accolé à la figure de la toujours occupante de la mairie de Lille ?

Il est pourtant légitime de s’inquiéter de la présence d’un mot sur le mur qui pourrait sembler, pour un esprit mal tourné, illustrer ici le programme de Martine Aubry.

Mais faisons confiance à la municipalité de Bertrand Delanoë pour laver rapidement ces graffiti provocateurs, cette silhouette insolente (le sexe et le beffroi).

Et pour déboulonner la marque infâmante de cette offense publique !

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Dominique Hasselmann

Lee Miller surréaliste de beaucoup

Cover girl perforant la « une » du papier glacé
en chapeau de paille et à contre-jour
à contre-courant et dans le sens de l’Histoire
Lee Miller raffine du regard
solaire et solarisée (vers 1930)
prise par son double
la main sur la tête
et la main qui explose (vers 1930)
les seins en offrande positivement laïque
deux prêtres passent (vers 1930)
Man Ray joue dans l’interstice
mais elle c’est le Rolleiflex et le xelfielloR
galerie du viseur inversé
le 6 x 6 pour ces jours de papier brillant ou d’orage
deux yeux égalent deux optiques
Lee Miller surréaliste de beaucoup
serre-tête comme un casque
l’Egypte en un seul filet de pêche troué
portrait de l’espace (1937)
War in Life
oui, mieux encore, Penrose Sélavy
femmes équipées de masques contre les incendies
(Londres 1941)
Lee en uniforme avec Picasso,
Libération de Paris (1944)
« Believe it » : « Lee Miller cables from Germany »,
Vogue, New York (1er juin 1945)
et
« Working Guests », Londres (juillet 1953)
dans un jardin anglais
« La traversée du miroir »
est un film de Sylvain Roumette (1995)
puis sortie au bout du couloir

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Dominique Hasselmann

Just (Jaeckin) in time

Le 23 octobre, dans cette rue de Neuilly-sur-Seine (Le Chasse-clou est sponsorisé par Jean Sarkozy), je suis passé devant une galerie apparemment fermée où deux noms retinrent mon attention.

Celui de Just Jaeckin me renvoyait aussitôt à son célèbre film Emmanuelle (1974), qui demeura pendant des années à l’affiche d’un cinéma parisien, sur le trottoir de droite des Champs-Elysées, en remontant vers l’Arc de Triomphe.

Ici, la porte fermée et ces inscriptions nominatives ressemblaient presque à une toile moderne. Il manquait peut-être juste un titre pour en faire une œuvre d’art ?

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Mais l’on pouvait, heureusement, retrouver le photographe et cinéaste dans une galerie parisienne, rue Guénégaud (6e).

Là, une exposition était même en cours, il suffisait de jouer aux Indiens (ceux qui vont voter pour Barak Obama). Les cow-boys resteraient à l’entrée… Une sorte de western avant le 4 novembre ?

Certes, il valait mieux ne pas confondre le film Emmanuelle avec la sainte sœur du même nom, même si la sexualité de celle-ci était soudain apparue toute libérée.

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(Photo parue dans le journal 20 Minutes, le 26 octobre.)

En attendant de s’envoyer en l’air ou au septième ciel (toutes les croyances sont respectables), il valait mieux pourtant se prémunir contre divers maléfices : poupées vaudou, sorcellerie, envoûtement…

C’est pourquoi nous demandons, respectueusement – et par principe de précaution – à la ministre de l’Intérieur, chargée de l’ordre public, l’interdiction immédiate de l’exposition Jackson Pollock, actuellement présentée à la Pinacothèque de Paris, et qui est susceptible de provoquer des dégâts irréparables sur les esprits fragiles.

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Picasso, le temps de l’art et le tain du miroir

Visiter une exposition qui a bénéficié d’un énorme battage médiatique (panneaux Decaux compris) ressemble toujours, avant de s’y rendre, à un calvaire.

Pour « Picasso et les maîtres », il suffit d’imaginer la file d’attente pour se décourager et renoncer. Après tout, ce serait plus simple d’acheter le catalogue et de le feuilleter chez soi, tranquillement assis dans un fauteuil, un whisky à la main (pas encore interdit à domicile).

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Mais, bonne surprise (après avoir pris les billets par Internet) : si vous y allez avec votre fille qui vient d’avoir 14 ans, un gardien vous dira que vous pouvez passer devant tout le monde, prendre l’escalier à gauche et accéder directement au saint des saints.

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Et vous savez déjà ce que vous irez visiter une prochaine fois.

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Ensuite, une fois franchie la porte à tambour qu’un employé fait tourner mécaniquement à la main, il n’y a plus qu’à suivre le flot des visiteurs. Car, même vendredi dernier à 18h.30, un grand nombre d’admirateurs de Picasso et les autres se sont donné rendez-vous dans cette longue enfilade de salles.

Il est parfois difficile d’approcher d’un tableau, attention à ne pas venir en tongues. Mais le parti-pris montré et démontré (comment Picasso a été influencé mais s’est dégagé des « maîtres » anciens) fonctionne : beaucoup de tableaux qui ne sont pas des Picasso sont extraordinaires.

C’est ce merveilleux Agneau de Zurbaran, c’est le tableau de Jean-Dominique-Auguste Ingres qui représente, avec une précision d’huissier, le mari trompé, l’épée à la main, surprenant sa femme avec l’amant (déjà l’affaire DSK couvait), ce sont tous ces Gréco, Velasquez, Gauguin, Cézanne, Manet…

Et aussi, Picasso est là, en majesté, par exemple avec cette si belle Olga, au port russe altier. Comme il est interdit de prendre des photos mais non des dessins, en voici un réalisé par ma jeune accompagnatrice, depuis l’un des rares bancs où l’on peut s’asseoir pour regarder les œuvres accrochées aux murs, souvent masquées par la procession des innombrables passants.

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(R.H. n’étant pas représentée par l’ADAGP, ce dessin ne sera pas ôté du blog.)

Oui, le jeu spéculaire et spectaculaire de cette exposition demeure fascinant, même si comparaison n’est pas raison : Picasso traverse ici, de manière impériale, le temps de l’art et le tain du miroir.

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Villeglé en maroufle

Du parcours de « La Comédie urbaine » de Jacques Villeglé, on ressort évidemment lacéré (mais pas ulcéré), déchiré, excorié, après avoir été marouflé sur les toiles elles-mêmes.

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Ses « affiches » sont comme des strates de la rue, de la politique, de l’art qui s’épanche ou se collait dans la ville. Il en a arraché des lambeaux, des pans coupés, il en a prélevé comme des échantillons, les titres sont des noms de rues parisiennes (voire à Buenos-Aires, un retour imprévu dans les années cinquante), il y a quand même La Baleine blanche (1958) ou autres inventions.

Mais ces ardoises scolaires, ces films expérimentaux, dessinés sur la pellicule, ces alphabets hiéroglyphiques… tout cela forme un tout, un monde global, celui de l’image et du son (admirable montage d’un reportage radiophonique sur une manifestation en Mai 68), ce qui attire, a capté notre regard.

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Revendications politiques, « couleurs déchirées », fusion avec l’œuvre de Jean Dubuffet, l’ « affichiste » – ou plutôt le désaffichiste – Villeglé ne se refuse rien, il nous montre ce que nous n’avons peut-être pas observé ou seulement effleuré du regard, il place en même temps à distance et à rapprochement ce qui interprète le décor urbain et son envers, la comédie du pouvoir et l’emprise de l’art.

Au sortir de l’expo de Beaubourg, on aperçoit encore un peu partout des affiches, sous verre et signées Jean-Claude Decaux.

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

L’entourloupe grossissante

La crise, à force de nous pendre au bout du nez, s’était attaquée au corps social tout entier. Le chef de l’Etat avait établi le diagnostic, le 25 septembre à Toulon, devant un parterre de spectateurs à l’abri du microbe : le capitalisme, avec ses dérives incompréhensibles, était à l’origine de l’épidémie mondiale, il fallait donc, non pas l’éradiquer, mais le « refonder ».

Le discours messianique de Nicolas Sarkozy resterait un modèle du genre : par une sorte de tour de prestidigitation, le mal financier venu des USA effaçait toute responsabilité de la politique menée depuis le 10 mai 2007 par le Président lui-même et sa fine équipe gouvernementale, renouvelée une fois : taux de croissance riquiqui, chômage en hausse, pouvoir d’achat en baisse, cascades des licenciements, scandale de la Société générale impuni, profits impudents des grandes sociétés du CAC 40, patrons largués avec leurs parachutes dorés, réformes abracadabrantes sous prétexte d’économies (tribunaux, hôpitaux, postes de profs supprimés…), budget 2009 avec un déficit de plus de 52 milliards d’euros, privatisations à tout va (peut-être pas comme une lettre à la Poste), écologie à la Borloo, mise sous tutelle des médias grand public, enlisement de l’armée en Afghanistan …

Le mécontentement de la population des manants augmentait en même temps que l’entourloupe grossissante, tandis que le couple présidentiel s’était montré jouant les amoureux à New York (un homme de droite aimait une femme « de gauche », et donc ce n’était que justice).

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(Photo D.H.)

La réconciliation des idéologies atteignait son acmé. L’incantation avait remplacé l’action, la parole dépassé la mesure.

Tous les jours, la politique nous montrait une jolie fleur sur un champ de ruines. La fumée s’en élevait, mais un parfum à la Dior caressait les narines des Français qui admiraient, au fond d’eux-mêmes, l’apprenti artiste : un pantin feignant de gérer le cours du monde alors qu’il n’en était que la girouette affolée.

Mais, historiquement, Versailles n’était pas qu’un lieu d’exposition à la Koons et la place de la Concorde le siège tout proche de l’ambassade des Etats-Unis. L’Elysée semblait trembler (de peur) sur ses bases.

Mais que faisait donc le docteur Kouchner ?

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Christian Boltanski au bord d’elle

Pour aller à pied au-delà de Bastille, depuis République, compter une très bonne demi-heure. Vous arrivez alors, après être passé devant l’affiche du New York City Ballet qui transforme l’Opéra en annexe (pour la mémoire) de West Side Story, à la Maison rouge, ce lieu où s’exposent régulièrement des artistes – un nom pas plus masculin que féminin et qui n’exige pas sa conversion comme ceux de procureur en procureure et écrivain en écrivaine.

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Là, vous verrez à la fois les œuvres (les « installations », doit-on dire, en employant ce mot rigide) de Christian Boltanski et de Marie Cool et Fabio Balducci. Christian Boltanski est au bord d’elle.

Les archives du cœur, c’est la préoccupation de Christian Boltanski : enregistrer les battements dans la poitrine des personnes qui visitent, qui entrent dans les entrailles de son exposition, les faire résonner dans une immense salle toute sombre, simplement éclairée par les clignotements d’une ampoule électrique et la projection, sur un drap, de son visage photographié en noir et blanc à presque toutes les étapes de sa vie.

Aux murs, des centaines de cadres dont on ne peut dire s’ils contiennent quelques chose car ils ne reflètent que les éclats de l’éclairage en obturateur (125e de seconde), au rythme cardiaque sourd qui retentit.

Une cabine permet à chacun d’enregistrer les pulsations de son propre cœur : plus tard, une bibliothèque, sur un île de la mer du Japon, les rassemblera, sorte de sismographe immense des battements vitaux humains pris à un instant « t ».

L’ambiance dans la grande salle est envoûtante, le noir fusionne au plus haut degré avec la cadence cardiaque et l’intermittence de la lumière.

A la sortie est diffusé un film vidéo de Dominique Gros sur Christian Boltanski (2007, 26’, Arte et Image & Compagnie).

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Puis, Marie Cool est là en personne, jeune femme rousse à la longue queue de cheval, qui procède à ses rituels dans une pièce aux murs blancs : prendre un rouleau de papier, le dérouler, enrouler au retour son bras dedans, se déplacer vers des fils pris du sol au mur et jouer avec eux, aller s’asseoir à une table pour suivre la tension d’un ruban adhésif, toucher à un lecteur de CD…

Ces « performances », qui n’ont rien d’olympique (il n’y a pas remise de médaille par Xavier Darcos !), sont empreintes d’une sorte de sérénité dans la démonstration apparemment inutile mais chargée du sens que le spectateur, à deux mètres de l’artiste (on pourrait entendre les battements de son coeur…), peut y apporter lui-même. Le zen est concret, les objets banals sont au zénith.

Des vidéos de Marie Cool et Fabio Balducci sont projetées dans une salle en contrebas : films minimalistes, lents (on croirait des photos), apaisants.

Enfin, pour passer des intermittences du cœur de Christian Boltanski aux gestes mesurés de Marie Cool, vous pouvez pénétrer dans le Birdhouse Café d’Andréa Blum, cage d’oiseau à taille humaine : l’envie d’en sortir peu après, même installé sur un tabouret de bar, vous tranporte dans ce qui devait se trouver à l’intérieur de la tête dodelinante des « inséparables » du fameux film d’Hitchcock.

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Rêves ou cauchemars diurnes ?

Les sans-papiers sont toujours là, depuis le 2 mai, et les photos exposées, comme des fiches modèle Edvige, sur les murs alentour de leur lieu de refuge et de discussion, la bien nommée Bourse du travail !

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

L’expo se termine aujourd’hui, date anniversaire d’un autre 11 septembre.

Intitulée « Promenades insomniaques, dormir/rêver l’espace contemporain », elle se déroule dans le passage de Retz, une fois que l’on est entré dans l’hôtel du même nom, au numéro 9 de la rue Charlot, Paris (3e).

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(Photo D.H.)

Le parcours initiatique (ou d’initiative) proposé donne l’impression d’un rêve éveillé, diurne, ou d’un cauchemar tranquillisé. La diversité des œuvres présentées aboutit à une sorte de coton mental, cocon ouateux où l’on ne sait plus trop si l’on marche ou plane, où l’on regarde et écoute, médusé ou amusé, endormi ou réveillé.

La vidéo d’entrée (Sleeper, 2004, 151’) ne se laisse regarder que quelques minutes car ce long métrage nocturne montre des voitures défilant devant ce qui semble être un terminal d’aéroport et ne décolle pas plus loin.

Mais les tableaux de J.-J. Rullier (Le rêve des bruits sourds qui avancent au loin, 2007, Le rêve du loup dévorant les mains, 2008, Le rêve de la nage au milieu des baleines, 2008) nous entraînent ailleurs, les titres sont déjà des images en soi(e).

Mais la vidéo de Marie-Ange Guilleminot (1995, 16’), visible de l’autre côté de la vitre du jardin, montre des avions de toutes tailles, ils traversent un appartement, comme la mise en scène d’une prémonition incroyable.

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Mais les photos de Duane Michals (Take one and See Mr. Fujiyama, 1976) racontent un roman érotique en noir et blanc.

Mais Andres Serrano ose photographier un portrait de quelqu’un définitivement figé (The Morgue, Child Abuse, 1992) et fixé dans le sommeil glacial.

Mais Jonathan Monk a inventé une boîte lumineuse (When Day Becomes Night and Night Becomes Day (reversed), 2006), où le jeu universel du chat et de la souris s’allume et s’éteint.

Mais la Pièce montée N°2 d’Annette Messager (1986) est acrylique et acrimonieuse, toute harmonieuse de rouge et noir, huile sur photographie.

Et puis l’on finira par grimper l’escalier métallique en colimaçon qui mène à la mezzanine.

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(Photo D.H.)

Mais Jean-Maris Bustamante a inventé des Maisons pour insomniaques (2003) et une stèle, comme de granit, « Rêves N°1 à 5 », s’accroche au mur.

Mais « Les Dormeurs » de Sophie Calle (1979) rappellent une autre exposition, ici c’est sa mère dans le lit avec un verre de champagne au réveil.

Mais le photographe Bernard Faucon a saisi (Paro II, III, I, 1988) des jeunes garçons qui dorment puis s’éveillent dans une maison qui ouvre sur un espace ensoleillé.

Ensuite, on redescend, on ne sait si l’extérieur sera semblable à l’intérieur onirique. Dehors, sur les pavés, il pleut encore.

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(Photo : cliquer pour agrandir.)

Soudain, une inscription inquiète sur le porche dans cette rue, si près du siège du journal Libération.

Mais que fait la police ?

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Dominique Hasselmann