Very strange… so strange…

Qui a pu avoir cette idée très étrange, si étrange, sortie sans doute d’un cerveau atrophié ?

Il est réellement insupportable d’être agressé par une simple affichette, à l’heure où, au nom de la solidarité nationale, on doit se serrer les coudes pour montrer aux « marchés » qu’il a été décidé de ne plus subir leurs combines insanes, monstrueuses et meurtrières !

Ainsi, le récent « sommet social » à l’Elysée restera dans l’Histoire comme une grande victoire.

Oui, maintenant, c’est la Bourse ou la vie !

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(Le 10 mai. Photo Christophe Ena/AFP. Le tag a été rajouté.)

Mais qui a donc visionné l’image psychédélique dans sa tête à moitié défoncée, peut-être lors d’un apéro géant, et puis qui l’a dessinée, réalisée, imprimée, diffusée ? Qui a envoyé des petits colleurs innocents, incapables d’en saisir la signification subversive, l’apposer sur des poteaux d’éclairage – bientôt éteints, comme sur les autoroutes, pour cause d’économies de bouts de chandelles – ou sur le mobilier urbain du designer Decaux ?

Qui a vu et pas moufté ?

En attendant, que fait le maire de Paris ? Il n’y a pas que l’avenir du « 104 » qui doit le préoccuper ! Compte-t-il embaucher rapidement des nettoyeurs en sus ? La pub à la télé (notamment avant le « Grand Journal » de Canal +, le soir en ce moment à Cannes) devrait quand même, vu le nombre de spots Kärcher®, le mettre sur la piste.

Non mais, on rêve ?

Cette idée : très étrange, si étrange…

insurrection_dh.1273903311.jpg(Photo : dans Paris, le 6 mai dernier. Cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Le Chasse-clou a trois ans

Ce matin, Le Chasse-clou a trois ans  (attention à la sexualité infantile et au sécateur d’Onfray !), et c’est un anniversaire qui, une fois de plus, repose la question de la continuité ou non de son existence : grand jour de la résolution ?

Faut-il l’achever (d’imprimer), doit-on l’euthanasier, ou serait-il plus charitable de le laisser s’en aller de sa belle mort : un jour, voilà l’écran blanc, ou bien le même dernier « post » immobile et sans plus d’explications.

La fin d’une publication internautique qui pourrait, à force, prendre l’eau, demande-t-elle que l’on étale ses raisons, en noir et blanc ou camaïeu ?

Et si Le Chasse-clou continuait, pourtant ?

On s’en fiche, entre autres, qu’un jour les stats grimpent en flèche à cause du nom, placé en titre, de personnages politiques connus, alors que le lendemain le court article sur une femme écrivain polonaise aura attiré nettement moins de visites.

Certes, écrire c’est aussi être lu : sinon, il suffit – si l’on ose dire – de composer un journal pour soi seul (Amiel et la bonne bouche) et puis, basta !

Mais quelle importance, la présence d’un blog ? J’ai soudain repensé tout à l’heure au mot Zorglub  et j’ignorais que Richard Bohringer avait écrit quelque chose portant ce nom bizarre.

Alors, malgré tout, Le Chasse-clou entend continuer pour le moment sur sa lancée, faisant fi de tout principe de précaution, sans casque et presque sans les mains.

Trois ans : tricycle !

Dominique Hasselmann

Hortefeux aux abois cherche aiguille dans botte de foin

Dans la rue Dieu (10e), l’œil n’est pas dans la tombe, il surplombe virtuellement celui qui passe ou parfois trépasse. Installez des caméras de vidéosurveillance (lire : « vidéoprotection ») partout, pas seulement en papier pour s’amuser, nous demandons tous à être filmés, c’est le festival de Cannes, après tout, il n’y a pas de raison que ce soit réservé à quelques privilégiés, même si on y projette un film de Jean-Luc Godard !

Acteurs de notre vie quotidienne, ce n’est pas suffisant ; même si la fin du scénario est connue – on ignore juste à peu près la durée du film – il est si plaisant de participer à telle ou telle séquence et de savoir que le metteur en scène (président de la République ou maire de la capitale) peut se faire projeter l’épisode dans lequel nous jouons.

aiguille1_dh.1273727744.jpg(Photo : Paris, manifestation du 1er mai. Cliquer pour agrandir.)

Bien sûr, l’insignifiance, la répétition, l’habituel, le sans-surprises, le train-train qui demeure à quai, tout cela, même enregistré, ne saurait fournir des histoires intéressantes, dignes d’être montées puis montrées aux responsables. Mais parmi cela, cette cohorte de piétons, cet embouteillage de voitures, ces cyclistes trompe-la-mort, ces motards trop tôt lancés sur le bitume et ratatinés à un carrefour, il y aura bien un jour l’événement qui permettra de remonter à la source : Hortefeux aux abois cherche aiguille dans botte de foin. Le petit chas est sans doute là. Tarnac, la niaque !

Aussi, le dispositif est-il mis en place pour notre bien, pour détecter celui qui prépare un attentat à Time Square et se déshabille en pleine rue, sans aucune précaution : non ce n’est pas un film projeté dans une cabine X, c’est juste un comédien amateur, pas terrible le casting, et le « pitch » ne vaut rien, mais les images l’ont saisi puis la police, alors vous êtes encore contre ?

Dans la rue Dieu, nous nous sentons protégés et non pas surveillés : l’Etat est de droit divin. Les vraies caméras seront installées progressivement, en attendant celles à domicile. Pourquoi une vie privée (déjà de beaucoup de choses) ? Notre existence doit être transparence, notre vie linéaire et non filer sur une erre imprévue. Si l’extérieur nuit, l’intérieur est à jour.

Faits et gestes captés, enrubannés et déposés aux archives nationales, au cas où. Le ménage des scènes étale les scènes de ménage. L’intimité est mitée… A moins de se cacher dans une cave inconnue des services de police, plus rien n’échappera de notre comportement au regard panoptique du surveillant général.

Le regard qui tombe du ciel est devenu objectif : chacun dispose d’un œil de verre (pas besoin de s’appeler Le Pen). Les visions sont multiples – caméras mobiles dissimulées sous globes discrets, ronde des sphères intouchables en haut des réverbères ou dans les grandes surfaces –  le grand-angle balaie les poussières humaines.

Traité d’athéologie à la mode d’Onfray, petit « déboulonneur » sans joie avec sa clé de 12 ? Non, futur traité de théologie de l’image enfin toute-puissante, déesse à longue focale de la vie capturée, emprisonnée, bâillonnée, mise sous cloche, épinglée comme un papillon d’Amazonie en voie de disparition.

aiguille2_dh.1273728037.jpg(Photo : Paris, rue Dieu, 10e, le 9 mai.)

Dominique Hasselmann

Zofia Nalkowska

Ce sont des rails posés les uns à côté des autres : ils pourraient encore servir. Sur la photo de couverture du livre sont imprimés le nom de l’auteur, le titre, le nom de l’éditeur.  

zofia1_dh.1273637418.jpg(Scan : cliquer pour agrandir.)

Le format est minuscule : 14 cm x 9,2 cm, et le texte file de la page 11 à la page 23. On peut ajouter celle de l’épigraphe : « Des hommes forgèrent ce sort-là aux hommes. » et aussi le verso blanc. Plus un dessin en noir et blanc d’Eva Lorek sur deux pages.

Date d’achevé d’imprimer dans l’Union européenne : septembre 2009.

L’objet semble lui-même comme tombé d’un wagon du convoi qui roule vers la mort. Il aurait ainsi été ramassé par quelqu’un le transmettant à des yeux vivants.

« Se laisser dévaler entre les rails ou à travers les roues sur le bord de la voie ferrée. Ensuite, reprendre ses esprits, rouler du remblai sans être vu et fuir dans une forêt inconnue, oppressante de ténèbres. » (page 13)

La nouvelle est extraite du recueil Les Médaillons, paru en 1946 dans une revue littéraire polonaise. Irena Elster, la traductrice, indique ici, dans la notice biographique consacrée à Zofia Nalkowska (Varsovie, 1884-1954), que cette œuvre est connue de tous en Pologne et fait partie du programme scolaire.

« Train, fumée et roulement avaient depuis longtemps disparu dans la nuit. Tout autour il y avait le monde. » (page 15)

Cette femme, engagée tôt dans les revendications féministes, a passé les années de la guerre à Varsovie. En 1945, elle fait partie de la Commission d’enquête sur les crimes allemands (elle participe aux débats et aux procès), devenue en 1950 Commission d’enquête sur les crimes nazis en Pologne.

« Le jeune homme revint. Elle prit de nouveau une gorgée de vodka. Il lui donna du feu pour sa cigarette. Venant de l’est, un crépuscule vibrant et léger glissait sur l’horizon. A l’ouest, des écheveaux pénétraient le haut du ciel. » (page 20)

L’auteur n’a recours à aucune fioriture : son style est en acier trempé.

« Elle redemanda qu’ils la fusillent sans trop y croire. Elle posa les deux mains sur ses yeux pour ne plus rien voir. » (page 22)

Près de la voie ferrée, texte bref et définitif comme la détonation d’un coup de grâce.

zofia2_dh.1273637626.jpg(Scan : cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Cherche manager temps plein

Lors du « sommet social » (sic) qui s’est tenu à l’Elysée le 10 mai (date de la victoire sur les syndicats), le président de la République a déclaré : « Nous devons mener non une politique de rigueur, mais une politique responsable, c’est un enjeu de crédibilité.« 

8-mai-45.1273562513.jpg(Capture d’écran du monde.fr du 10 mai. Le tag a été rajouté.)

La politique ainsi définie (François Fillon, avec son récent pas de clerc, n’a décidément rien compris) ouvre des horizons enchantés.

Même si quelques analystes – pas au sens Onfray du terme – osent douter de l’efficacité du « manager » présidentiel ou présenciel, selon la formule du sociologue Denis Muzet, le rouleau compresseur médiatique est en marche.

manager_dh.1273562815.jpg (Photo : Paris, le 9 mai, rue de Marseille, 10e. Cliquer pour agrandir.)

Ainsi, la « sortie de crise » européenne, annoncée urbi et ubris, a rassuré tout le monde : « les marchés s’envolent » (cui ! cui ! cui !).

La Grèce est sauvée (son peuple l’a bien compris), l’Europe a franchi une étape « fondatrice« , Angela a reçu au passage une petite fessée à la mode Rhénanie-Westphalie, on a trouvé 750 milliards d’euros sous le tapis, DSK a lâché ses billets du FMI et pris un ticket, en douce, pour l’échéance électorale de 2012.

Les Bourses se sont redressées, les traders regonflés, et Gordon Brown voit la fin du Channel.

En France, le travail va d’un bon pas vers l’embellie fricotée.

pole-emploi_dh.1273563297.jpg (Photo : Paris, le 9 mai, rue de Malte, 10e. Cliquer pour agrandir.)

Quant aux sans-papiers, certains d’entre-eux rêvent toujours d’un retour vers la mère-patrie. Eric Besson, qui aurait des doutes sur sa propre identité, se fait discret ces temps-ci : bientôt les vacances !

lamentin_dh.1273563516.jpg (Photo : idem supra.)

Dominique Hasselmann

Collés au mur

Qui les a préalablement dessinés

coloriés ou imprimés

a imaginé et inscrit un jeu de mot

une portée de sens

puis les a collés plaqués

au nez et à la barbe des passants honnêtes

était-ce de jour ou de nuit

l’un serait bio et tout neuf

coupant le légume rouge en deux

retour malicieux de Paul Fournel

et de ses Poils de Cairote

ou alors une pub déguisée pour DSK

l’autre reviendrait des grandes steppes

ou des tipis indiens bariolés

avec les plumes du grand Aigle

qui embarrassèrent Obama lors d’une rencontre

lézard de la Death Valley

soleil cheyenne

élégance des chevaux sur fond ocre

mais les arts figuraient dans le carré magique

deux signes non encadrés

soumis à l’arrachement probable

d’une main vengeresse

attirée comme l’âne par la carotte

sacrifiés aussi à la pluie au vent

à l’arasement ou l’abrasement du quotidien

ou plus sûrement victimes de la propreté urbaine

interdit de coller au mur

sauf pour raisons historiques

collages_bd.1273466882.jpg (Photo : Paris, 9 mai, rue de Lancry, 10e. Cliquer pour agrandir.)

Benoît Dehort

Godard, Flash-back, 145/2, moteur !

Caché derrière une rangée de livres, ligne de boucliers rectangulaires en tranches, il était toujours là : Jean-Luc Godard par Jean Collet, Cinéma d’aujourd’hui N° 18, Editions Seghers, 1965. Et je découvre que j’avais conservé à l’intérieur quelques articles de journaux, tout jaunis par le temps qui se dépose en silence sur le papier comme un filtre de couleur.

La couverture du livre carré me frappe : le prénom Jean-Luc n’a pas de trait d’union, le cinéaste porte des lunettes noires et la cigarette à la bouche (ces deux accessoires tomberont bientôt sous le coup de la loi). J’aime le rappel, sur la droite, de la bande de celluloïd crantée qui passe dans l’énorme projecteur de la cabine du cinéma.

En 1965, c’est la sortie (début mai) du film Alphaville ou Une nouvelle aventure de Lemmy Caution, qui fut rediffusé sur Arte le 8 février dernier.

Dans une interview à Yvonne Baby (Le Monde, 6 mai 1965), Godard cite Lovecraft à propos de son film – je me suis demandé s’il ne s’agissait pas plutôt du livre Je suis d’ailleurs (1926) de cet auteur et non de Je suis une légende, de Richard Matheson (1954), objet d’une récente adaptation cinématographique (2007) ? – oui, le fantastique est bien toujours à l’oeuvre chez JLG.

yvonne-baby-dh.1273383252.jpg(Scan : cliquer pour agrandir.)

Ces critiques sont intéressantes à relire (surtout celle du Figaro !), à quelques jours du festival de CannesFilm Socialisme sera présenté : le 29 août 1965, Pierrot le fou, de Jean-Luc Godard, était montré à la Mostra de Venise ; et le film exploserait littéralement, le 5 novembre de la même année, sur les écrans français.

louis-chauvet_dh.1273383533.jpg(Scan : cliquer pour agrandir.)

En introduction au scénario des Carabiniers (1963), Godard écrivait (page 95 de ce livre) :

« Bref, tout, décor, personnages, actions, paysans, aventures, dialogues, tout n’est qu’idées, et, comme tel, sera filmé le plus simplement possible, la caméra étant, si j’ose dire, dans son plus simple appareil, en hommage à Louis Lumière. Car il ne faut pas oublier que le cinéma doit aujourd’hui plus que jamais garder pour règle de conduite cette pensée de Bertold Brecht : « Le réalisme, ce n’est pas comment sont les choses vraies, mais comment sont vraiment les choses. »

godard_dh.1273383620.jpg(Scan : ne pas cliquer. Clap de fin.)

Dominique Hasselmann

La ruse des rues

En suivant la rue Béranger (Paris, 3e), repasser devant l’entrée du journal Libération sur les vitres duquel s’affichait un temps le portrait de Florence Aubenas, elle qui a changé magnifiquement de lieu d’ancrage pour choisir un autre quai.

Elle se moque bien des attaques dont elle fut l’objet sur un blog piquant. La spirale intérieure de l’ancien garage est toujours aussi sombre.

Puis, après la petite place Olympe de Gouges (Bruno Birolli serait donc rentré de Chine ?), inaugurée le 6 mars 2004, traverser la rue de Bretagne et, grâce à ce miracle géographique, se retrouver rue de Picardie : toujours le même mois pour se rappeler à nos souvenirs.

ruse1_dh.1273298461.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Curieusement, une vitrine de magasin qui respire l’antique me fait alors penser, dans la même rue, à Alain Bashung : on peut l’entendre subrepticement à la radio, une fois l’an, comme par erreur.

ruse2_dh.1273298587.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.

Un tag est tout encadré : les épongeurs municipaux ont dû croire qu’il s’agissait d’un tableau et n’ont pas osé le faire disparaître (« Défense de toucher », proclament des écriteaux dans certains musées).

ruse3_dh.1273298790.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Et c’est vraiment la rue Charlot, avec son officine désuète qui paraît bien peu dynamique. Mais DSK leur vole la vedette ! A vendre un de ces quatre ?

ruse4_dh.1273298884.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Plus loin, la voie rétrécit, le trottoir fait juste vingt centimètres de large, la ruse des rues est insondable. La Beauce est soudain devenue un champ riquiqui.

ruse5_dh.1273299055.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Et alors, un dernier tag, pour la route. Il est vrai qu’il existe d’autres marées plus graves, noires ou financières, mais le colmatage est lancé, la vie reprend le dessus.

Flux, reflux…

ruse6_dh.1273299228.jpg(Photo : cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Belle embellie !

L’Europe semble mal barrée, la Grèce est soumise à un régime draconien réclamé par le FMI et la BCE – voir le livre sur Dominique Strauss-Kahn signé Cassandre, résumé dans une rubrique « Critique » du Monde daté du 7 mai – l’euro plonge, les Bourses chutent et Wall Street « dévisse ».

alex-wong-afp-9-octobre-2008-a-washington-siege-du-fmi.1273211127.jpg (DSK à Washington, le 9 octobre 2008. Photo Alex Wong/AFP. Le tag a été rajouté.)

Mais le duo Sarkozy/Fillon reprend du poil de la bête !

En effet, l’adversité grandit ceux auxquels elle s’oppose : un sondage CSA/Le Parisien/Aujourd’hui en France, effectué par téléphone le 5 mai auprès de 855 personnes (âgées de plus de 18 ans, méthode des quotas) révèle que Nicolas Sarkozy gagne jusqu’à 3 points : 37 % des sondés lui font confiance, contre 34 % en avril. François Fillon, lui, engrange 6 points supplémentaires : il passe à 44 % contre 38 % en avril.

sarkozy-et-fillon-afp.1273220568.jpg (N.S. et F.F. Photo AFP. Le tag a été rajouté.)

Belle embellie ! Victoire ! La route est droite, et même si la pente est forte, elle poudroie vers un futur enchanteur ! La confiance revient à grand pas, quand l’Etat montre l’exemple (Fillon va s’attaquer aux niches fiscales).

Non, cessons de jouer les oiseaux de mauvais augure, faisons plutôt confiance à celui de Minerve. Les Français ont voté en majorité en faveur de Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2007 : tout va bien (comme dirait JLG), tout va même de mieux en mieux, et pendant les deux ans à venir, tout devrait encore progresser à bonne allure dans le sens du progrès social, de la justice et du bonheur réel de la population.

On ne comprend d’ailleurs pas pourquoi, jeudi dernier, l’anniversaire de l’accession au pouvoir suprême du candidat de la droite n’a pas donné lieu à de fastueuses réjouissances dans tout le pays : il aurait même pu être accordé, de manière magnanime, un jour férié à la population laborieuse.

Eh bien, non, même pas ça ! Vraiment, quelle mesquinerie !

oiseaux_dh.1273211493.jpg(Photo : Paris, hier. Cliquer pour agrandir.)

Dominique Hasselmann

Grèce, destination politique

En Grèce, le feu s’étend et Dominique Strauss-Kahn (DSK), grand manitou du Fonds monétaire international (FMI), est à la manœuvre.

Candidat préféré des Français pour l’élection présidentielle de 2012, en tant que représentant putatif du PS, DSK s’active depuis Washington pour faire distribuer les fonds, provenant également de l’Union européenne, destinés au « sauvetage » du berceau de la démocratie.

Et pour imposer en même temps des mesures drastiques au peuple qui, apparemment peu convaincu, est descendu hier dans la rue, notamment à Athènes et Thessalonique, et s’apprête à recommencer.

afp-evant-le-parlement-dathenes.1273125177.jpg(Hier à Athènes. Photo AFP.)

C’est peut-être le moment de relire Platon, même si la situation internationale est loin d’être platonique.

platon-image.1273125250.jpg(Platon, La République, Livre premier, traduction Victor Cousin. Cliquer pour agrandir.)

En France, n’oublions pas pour autant de fêter aujourd’hui le 6 mai, malgré le « profil bas » souhaité au plus haut niveau.

Alors : joyeux anniversaire, Nicolas Sarkozy, encore bravo pour votre formidable bilan au bout de trois ans de pouvoir, et bien le bonjour à votre épouse chantante !

Dominique Hasselmann